La situation n’a pas changé dans la Ville de Sfax et devient de plus en plus difficile, surtout avec le recours des habitants à l’incinération des ordures qui s’entassent dans tous les coins de la ville.

Depuis des jours, la Ville de Sfax croule sous les ordures. Une situation qui prédit une catastrophe environnementale et sanitaire très dangereuse. On parle même de la possibilité de la propagation du vibrion cholérique. Cela est dû, d’une part, à la fermeture de la décharge El Gonna à Aguereb et, d’autre part, à l’impéritie des autorités régionales et nationales de lutter contre cette calamité.

Malgré la lettre ouverte à la présidence de la République et l’appel de la société civile à stopper cette catastrophe, la situation n’a pas changé et devient de plus en plus difficile, surtout avec le recours des habitants à l’incinération des ordures qui s’entassent dans tous les coins de la ville, engendrant l’émission d’odeurs fétides, ce qui pourrait provoquer des maladies dangereuses.

A cet effet, les responsables municipaux et l’Agence nationale de gestion des déchets doivent intervenir immédiatement pour ramasser ces ordures, stopper cette hémorragie des déchets et trouver des alternatives, à savoir des mécanismes qui permettent de recycler les ordures sur place, et ce, par la mise en place de composteurs collectifs dans chaque quartier.

Vers une valorisation des déchets

Au lieu de continuer à transporter des tsunamis de déchets vers les décharges, qui, elles aussi, souffrent de débordement, on pourrait les décomposer sur place et transformer ces matières organiques et minérales en humus. Ce qui permet d’éviter, d’une part, les coûts faramineux du traitement de ces déchets, créer, d’autre part, des liens sociaux entre les voisins et promouvoir, par conséquent, la citoyenneté, aussi bien chez les enfants que chez les adultes. Une fois les déchets apportés au compost, ils se transforment, après quelques jours, en engrais naturels que les foyers pourraient utiliser directement pour leurs plantations.

La mise en place de ces composteurs collectifs n’exige pas beaucoup d’efforts. Il suffit de faire participer les entreprises privées — qui sont nombreuses —, spécialistes dans ce domaine afin d’exposer leurs produits, organiser une campagne de sensibilisation et aider les habitants à les utiliser vu qu’ils sont les plus concernés par ce problème épineux et les sensibiliser à l’intérêt du recyclage, soit pour la formation du compost, soit pour la formation du méthane qui pourrait être utilisé comme énergie pour le chauffage et la production de l’électricité.

Dans cet ordre d’idées, des start-up tunisiennes voient le jour dans ce secteur de la valorisation des déchets. Ainsi, municipalités, société civile, entreprises privées, tous doivent travailler ensemble pour réduire le volume initial des déchets, limiter leurs impacts sur l’environnement et redonner à la nature ce qu’elle a créé.

Au lieu de poser la question de savoir qui est derrière cette catastrophe et d’attendre des solutions incertaines de la haute hiérarchie, pensez à des solutions drastiques, qui permettent de résoudre ce grave problème silencieux qui est en train de grossir de jour en jour, et à transformer la Ville de Sfax en un espace agréable à vivre où on sent les effluves du jasmin et du muguet.

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