La multiplication des incidents, les uns plus graves que les autres, contre les moyens de transport ne peuvent être considérés comme anodins. La coïncidence avec un contexte socioéconomique particulier ne manque pas de soulever plusieurs interrogations. D’où la nécessité de prendre les mesures adaptées pour arrêter ce phénomène derrière lequel se cacheraient des commanditaires.


Il n’est pas normal qu’au cours du seul mois d’octobre on enregistre, avec une telle cadence, des faits similaires d’attaques contre les métros et les bus de la Sntri ainsi que des «accidents» et des actes de sabotage contre les trains de la Sncft. Les auteurs de tous ces actes malveillants sont des mineurs. Il y a trop de coïncidences pour qu’on reste les bras croisés. Il y a, assurément, une situation d’urgence qui exige des solutions urgentes.

Il suffit de rappeler, brièvement, quelques faits pour se persuader qu’il y a quelque chose qui se trame contre le secteur du transport, particulièrement, et contre la stabilité du pays, en général.

Le fait de cibler, continuellement, les différentes lignes du métro montre qu’il n’y a pas eu la réponse attendue. Rien qu’au cours de la première semaine du mois d’octobre deux actes ont été enregistrés contre la ligne 5 du métro ayant occasionné des dégâts importants au niveau des vitres et ayant, même, blessé des voyageurs. Des campagnes de sécurité ont, alors, été menées pour aboutir à quelques arrestations de mineurs. Au cours de la même semaine du mois d’octobre, deux autres faits ont eu lieu. Le premier concerne le sabotage de la ligne du train de la banlieue sud de Tunis. Le conducteur a pu, heureusement, éviter un obstacle posé délibérément sur la voie. Le lendemain, deux trains (celui de la banlieue sud et celui des grandes lignes)  sont entrés en collision. Si le premier incident n’a pas entraîné des dégâts et des victimes, le second si.

Jeudi dernier (21 octobre) des informations nous apprennent que des mineurs et d’autres délinquants se sont attaqués à la ligne 5 du métro et ont brisé les vitres et blessé des agents de sécurité de la ligne et des agents de police ainsi que le conducteur du métro.

Par ailleurs, ce même jour, la Sntri nous apprend qu’un de ses bus a été la cible de jets de pierres au niveau d’une région du gouvernorat de Kairouan. Selon la Sntri, il s’agirait du troisième incident au cours de la même semaine. Les dégâts sont, là aussi, très importants. Les auteurs, s’ils sont appréhendés, ne seraient autres que des mineurs. 

Mais, faut-il le souligner, ces actes criminels ne sont pas isolés. D’autres ont été enregistrés au cours de l’année pour tous les opérateurs de transport. La répétition de tels forfaits n’est pas exclue d’autant que les réponses actuelles n’ont pas été dissuasives. L’application de la loi n’est pas suffisante. Le gros handicap reste l’âge des auteurs de ces délits. Les sanctions contenues dans les textes de loi ne sont pas de nature à changer la donne. C’est pourquoi il faudrait changer de stratégie. Le phénomène risque en effet de prendre des proportions telles qu’il sera impossible, après, de l’endiguer.

L’important, d’abord, c’est de prendre toutes les mesures que la loi autorise contre les contrevenants en faisant endosser la responsabilité à qui de droit. De plus, des dédommagements doivent être exigés. En outre, il y aurait un autre travail hautement  plus important qui consisterait à lever le voile sur celui qui pourrait se cacher derrière ces tentatives de nuire à nos sociétés de transport et à saboter tous les programmes visant à améliorer les conditions de transport et à fournir de meilleures prestations.

Pour terminer, ces faits nous font penser au film de Charlie Chaplin (Le kid). Pour ceux qui le connaissent, on ne peut rien dire. Quant aux autres, ils ne perdraient rien à en connaître l’histoire et à la méditer.

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