Pour son premier déplacement à l’étranger, la Cheffe du gouvernement Najla Bouden s’est rendue hier au Royaume d’Arabie Saoudite pour participer au forum de l’Initiative verte du Moyen-Orient, qui se tient les 25 et 26 octobre à Riyad. Notre pays, fortement exposé aux changements climatiques, avait adopté l’Initiative verte du Moyen-Orient, qui cible, entre autres objectifs, la plantation de 50 milliards d’arbres dans toutes les régions du Moyen-Orient, ainsi que le reboisement de 200 millions d’hectares de terres détériorées.

Ces actions devraient permettre de baisser les émissions de carbone de 2,5% et de plus de 60% pour ce qui est des émissions issues de la production de pétrole et de gaz dans la région.

La participation tunisienne à ce forum vise à examiner les défis de la transition énergétique, en particulier pour les industries à forte intensité carbone, en plus des nouvelles opportunités d’investissement dans l’économie verte afin d’encourager les discussions sur les moyens à mettre en place pour renforcer la coopération et unifier les efforts dans le but de mettre en œuvre les engagements environnementaux pris à l’échelle internationale. Il est à rappeler que le taux du couvert végétal en Tunisie (8,2 %) compte parmi les plus faibles de la région méditerranéenne, dont la moyenne est de 20%. Malgré ce déficit naturel, l’ampleur des dégâts occasionnés à nos forêts ne cesse de croître chaque année à vue d’œil.

En effet, près de 4.000 hectares de forêt partent en fumée, chaque année, à cause des incendies. Le coût de chaque hectare ainsi perdu s’élève à 9 mille dinars alors que le couvert végétal et forestier met au moins 30 années pour se régénérer.

Et, en plus de l’expansion des terres agricoles, de l’exploitation illégale du bois, de la construction anarchique, du charbonnage à grande échelle, des coupes d’arbres, des appropriations illégales des espaces naturels et des défrichements continus, un phénomène récent a vu le jour : l’utilisation de la forêt comme décharge à ciel ouvert pour nos déchets. Soit autant de facteurs qui viennent fragiliser notre écosystème et mettre en péril l’avenir des générations futures.

Car ces agressions, associées aux effets néfastes des changements climatiques que connaît la planète, font que notre pays souffre de la disparition du couvert végétal et des espèces rares, de l’avancée à grands pas du désert, de l’assèchement des plaines. Une chose est sûre, c’est indéniablement l’homme qui sera la première victime du fait des glissements de terrain, des inondations et des autres catastrophes naturelles. Il s’agit durant ce sommet de rattraper le retard et de mettre en place les outils nécessaires pour inverser la tendance destructrice et traiter avec efficacité les problèmes dans le monde arabe.

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