Par Kamel GHATTAS
Les différentes péripéties par lesquelles est passé le différend entre la CAF et l’Espérance Sportive de Tunis ont mis en exergue l’importance que revêt la représentation d’un pays au sein des organismes sportifs internationaux.
Bien sûr, la Tunisie, le football tunisien,  est représentée au sein de cet organisme, mais la mainmise des Marocains qui ont évincé (c’est leur droit et c’est la règle du jeu) les Egyptiens qui ont eux aussi largement dominé cette CAF, dont Issa Hayatou a fait une véritable chasse gardée, a particulièrement mis en évidence le poids des lobbyings qu’à force de persévérance on réussit à mettre en place.
C’est qu’au sein de  ces organismes sportifs, «si on n’est pas autour de la table, on risque d’être au menu». Et c’est ce qui s’est passé pour le dossier «sang et or». La réunion qui a eu lieu en catastrophe à Radès, à la demande du président de la CAF, a bien entériné le résultat donnant la victoire au club tunisien. La preuve, c’est que ce président, frileux comme il est,  est bien descendu en compagnie des représentants des autorités locales pour remettre la coupe au vainqueur. Et puis, tout le monde connaît la suite cauchemardesque qui s’en est suivie, une fois tenue la réunion décidée à Paris.
En dépit de la présence du membre représentant la partie tunisienne et du président de la FTF, rien n’a changé : la décision était prise, mais pour enrober la pilule, on a évoqué ce curieux alibi de la sécurité.
Nous ne sommes pas loin de la diplomatie sportive qui, sans vergogne, milite pour des causes bien précises, sans tenir compte des répercussions qui s’ensuivent. De toutes les manières, ces Tunisiens sont des empêcheurs de tourner en rond. Ils ont réussi leur révolution, confortent leur démocratie de jour en jour, ont redonné de la couleur à leur tourisme et sont en voie de se relancer sérieusement à tous les niveaux. Pour les esprits chagrins et envieux, c’en est trop.
Un petit coup de canif dans toute cette réussite ne serait qu’un plus en faveur de tous ceux qui nous veulent du bien en investissant de gros moyens. Suivez notre regard et vous comprendrez que nous ne sommes pas du tout à l’abri de ce genre de coups fourrés.
Et voilà comment nous avons été au menu de cette réunion parisienne avec la volte-face d’une CAF aux abois, des membres complètement diminués par le nombre de casseroles que la majorité d’entre eux traînent. A l’appui de ce drôle d’organisme, ce…machin, un de ceux qui ont voté en faveur du club tunisien a été mis sur la sellette. Que ce qu’on lui reproche est vrai ou monté de toutes pièces, l’enquête le précisera, mais le coup de semonce est  assez évident.
Les pourparlers qui sont lancés ne nous semblent pas du tout utiles. Les décisions sont déjà prises. Elles feront date dans l’histoire du football mondial. C’est la première fois qu’une décision entérinée est remise en cause. Ce sera une marque de honte indélébile  pour ceux qui ont sauté ce pas par chauvinisme pur et dur, en contradiction avec tout bon sens.
C’est le destin de ce sport africain qui ne veut pas grandir et qui demeure gouverné par des mains tremblotantes et sales.

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