Une rivalité historique condensée en 90’, 120 minutes ou au-delà.
Pour nos deux «cadors» locaux, atteindre la finale de la Coupe de Tunisie sonne comme le temps de l’accomplissement, pour décider du dénouement de toute une saison. C’est vertigineux et c’est tout le sel de ce grand format qui peut bouleverser toutes les dynamiques du moment, sur un coup de dés, un coup franc, un coup de tête. Bien entendu, vu le report de cette apothéose, prévue pour la fin de l’été, ça peut être une charnière pour la suite de la saison. En quête de cerise sur le gâteau après avoir conquis le Grâal arabe, l’Etoile est en finale pour la seconde édition consécutive. C’est une Etoile qui a repris du poil de la bête depuis l’intronisation de Roger Lemerre. Ce sont des Sahéliens intrépides et énergiques qui ont disposé du CA en ¼ et de la Stayda en ½.
La Coupe leur est peut-être promise. Mais le CSS le l’entendra pas de cette oreille. L’autre finaliste, c’est celui de Moncer, Chawat, Sokari, Hamza Mathlouthi, Marzouki et autre Dahmen.
Un CSS qui sait se sublimer lors des grands évènements, métamorphosé aussi par son changement d’entraîneur alors que les observateurs craignaient le pire après le départ de Ruud Krol.
Sauf que récemment, le CSS a retrouvé de l’allant et le Mhiri s’est trouvé un nouveau chouchou: le gardien Aymen Dahmen.
Il a gagné le respect par son talent, de la considération par
son, aisance son habileté et son instinct.
Du haut de ses 22 ans, le jeune portier n’a pas froid aux yeux, au point d’avoir renvoyé, sur le banc des remplaçants, le trentenaire Mohamed Hedi Gâaloul. Voilà un sujet brûlant que les tenants de notre football devraient creuser et non pas esquiver constamment avec prudence. Non, le talent d’un gardien n’attend pas le nombre des années. Tiens, ça tombe bien ! Le CA semble emboîter le pas au CSS avec Aymen Jaballah, 21 ans d’âge.
Serait-ce la tendance ? Attendons voir l’effet Dahmen sur le reste des escadrons.

L’ambition pour moteur
Les derniers remparts sont décidément à l’honneur ces jours-ci, côté «Diables Rouges», Makram Bediri a repris du poil de la bête, repoussant toutes les tentatives adverses et propulsant par là même son Etoile en finale. Les Hanachi, Awadhi, Konaté, Kechrida, Methnani, Belarbi et autre Iheb Msakni lui doivent assurément une fière chandelle. Voilà le décor planté.
Deux des meilleures équipes du pays vont jouer leur destin sur un match. Une rivalité historique, une opposition de styles, un duel d’experts, une lutte sans merci, un combat de chefs.
Le grand format de Dame Coupe est un cocktail d’enjeux, fruit de dizaines d’années d’antagonisme. Et si la singularité de ce match est souvent difficile à comprendre quand elle est programmée dans le cadre de l’apothéose de la saison, c’est forcément un sujet de conversation permanent, qui entraîne les passionnés au cœur de la bataille, en privilégiant la sensation par rapport aux chiffres, tordant au passage le cou à un certain nombre d’idées reçues, comme la revanche sur le coup du sort pour des Etoilés finalistes infortunés, la saison passée, ou la quête d’une consécration clubiste sfaxienne qui viendrait couronner un parcours ambitieux.
Favori, prétendant, concurrent ou outsider, un finaliste reste un compétiteur audacieux qui repousse les limites de l’ambition.
Cette ambition n’est pas une volonté de puissance, mais de réalisation de soi, le temps d’un match qui fige le temps.

 

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