On l’a souvent dit et écrit et on ne le répètera jamais assez: l’Afrique est encore loin, très loin du développement et du civisme.
Son économie, sa gouvernance, ses institutions, sa société et même ses citoyens vivent encore dans l’ère médiévale. Du moins dans la majorité de ses pays pour ne pas être trop cruel avec notre continent «noir».
Il ne se passe pas un jour sans que l’on entende parler de catastrophes, de scandales ou d’informations qui foutent la poisse et la morosité. Dans tous les domaines, tellement les dirigeants et les responsables dans ce continent ont, en majorité, les mains sales et l’esprit corrompu.
Il est vrai que quelques rares pays ne sont plus concernés par ce marasme consternant tels que l’Afrique du Sud et le Rwanda, mais en général la gangrène a touché la majorité écrasante de notre continent. Pis encore, la situation ne fait qu’empirer et la loi de la jungle a pris des dimensions jamais atteintes par le passé. Comme s’il s’agissait d’une malédiction qui frappe et l’Afrique (et le monde arabe).
Ce n’est pas seulement le sport en général et le football en particulier qui sont épargnés par ce phénomène de la médiocrité et de l’esprit véreux et mafieux.
La dernière mascarade, survenue au grand étonnement du monde du football dont la CAF et son pseudo-président Ahmed Ahmed sont les auteurs, en est une preuve saissante.
En effet, il y a moins de dix jours, le même Ahmed Ahmed, qui a remis le trophée de la Ligue des champions au stade de Radès à l’Espérance Sportive de Tunis au terme de sa houleuse finale vécue face au Widad de Casablanca, revient bizarrement sur sa position quelques jours après et bombarde toute la Tunisie à partir de Paris en décidant de déchoir le club «sang et or» de sa couronne africaine.

Une affaire d’Etat
Cela a fait couler beaucoup d’encre et suscité la colère de toute la Tunisie qui s’est sentie énormément plus visée que le doyen de nos clubs.
Là, nous ne pouvons que «féliciter» nos «frères» marocains pour leur art d’utiliser le football comme vecteur indéniable du développement économique. En effet, le Maroc a criardement saisi l’opportunité de faire le buzz et d’en profiter pour tenter un coup de dénigrement à l’encontre du tourisme tunisien et d’en détourner l’affluence très prometteuse vers son pays. C’est mesquin car ces pratiques ne s’apparentent qu’à un seul forfait : le vol de biens d’autrui. Chose qui est lourdement réprimandée par toutes les lois positives et divines. A ce point !
C’est la honte bien que ces agissements soient monnaie courante dans les pays qui ne se respectent pas.
Cela nous mène à nous poser la question suivante : le Maroc, par le biais de son pion Ahmed Ahmed qui a pris en otage la CAF, aurait-il osé opter pour un tel acte ignoble si le Widad avait affaire à un représentant algérien ou égyptien? Tout le monde a la réponse à cette question.
Taxer un pays d’insécurisé est la pire insulte et la pire atteinte adressée à son encontre. Et cela fait encore plus mal quand on est trahi par les «siens».
Que l’Espérance rejoue son match avec le Widad peut, à la limite être avalé, mais quand cela touche à l’intégrité et à l’image de marque de notre chère Tunisie, cela ne pourra jamais être toléré.
Si seulement Bourguiba était encore au pouvoir…
Amor BACCAR

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