Par Jalel MESTIRI
Le football africain ne peut s’accommoder d’entorses à des principes fondamentaux comme l’honnêteté, le traitement des équipes sur un pied d’égalité, l’égalité des chances entre les compétiteurs. Enclencher les susceptibilités entre les clubs, cela commence par une prise de position en faveur des uns et, par conséquent, au détriment des autres. Et cela finit, tout au bout de cette chaîne, par tout ce qui rend aussi illégitime un manquement moral qu’une erreur caractérisée.
Voilà sans doute le problème essentiel qui se pose aujourd’hui au monde du football africain, et principalement du plus attractif au plus banal. Les valeurs du sport, respect des règles, loyauté, sont autant de repères que le milieu du football de ce continent est en train de perdre, notamment quand s’y installe la forfaiture avec tous les manquements qui en découlent.
Le football africain ne cesse de perdre son innocence morale. Au centre de ces controverses, les hommes de la CAF, et particulièrement son président, définissent, à leur manière, quel type de valeurs le sport roi devrait vraiment détenir. Ils oublient toutefois que le football peut être une arme à double tranchant et qu’il peut, beaucoup plus que d’autres activités, révéler et renforcer les divisions. Si l’idée de neutralité et la séparation du football de la politique est aujourd’hui une illusion, il convient d’attirer l’attention sur les erreurs auxquelles pourrait conduire, par excès inverse, une croyance dans l’hyper politisation du football.
C’est à tous les niveaux qu’il faudrait aujourd’hui craindre les dépassements qui dénaturent ce sport. Là est sans doute le danger qui guette le football africain, à travers le comportement abusif de ceux qui sont pourtant censés veiller à sa bonne marche.
C’est à ce titre que les fédérations membres de la CAF devraient combattre des pratiques qui sont la négation même de l’esprit du sport, des plus banales aux plus graves.
Il y a de ces modes d’emploi qui opposent bonne et mauvaise conduite. Il y a de ces comportements qui sont loin d’être des modèles de vertu… On peut s’interroger quant à la pertinence d’une décision liée à l’équité, puisqu’il existe une charte du football qui interdit le parti pris, le manque d’impartialité et d’objectivité. Les excès sont courants dans le football africain. Certains peuvent se comprendre. Mais le football devient ainsi le lieu de comportements évitables. Il manque de morale.
Le football joue un rôle essentiel dans la construction d’une société plus humaine et plus conviviale, notamment par les valeurs éducatives qu’il peut véhiculer et qu’il convient de préserver. Véritable phénomène de société, il n’échappe pas toutefois aux maux qui affectent le milieu sportif dans son ensemble. La tendance à politiser le sport a engendré une certaine spécificité. Cela est visible dans les discours, mais aussi et surtout dans la manière avec laquelle le football africain est appréhendé. Il ne fait aucun doute que la crise et le malaise du football africain font écho à une déformation sans précédent. Nombreuses et variées sont les prises de position conditionnées et la plupart du temps dénaturées. La plus évidente est la politisation croissante de tout ce qui a trait à cette activité sportive.

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