Après avoir lancé une pétition pour faire avancer les lois en Tunisie, le collectif  Tunisia Animals Voice a décidé de passer à un palier supérieur et d’interpeller le Président de la République, Kaïs Saïed, pour initier le changement et obtenir de meilleures lois pour les animaux.


Durant ces derniers jours, le débat sur les droits des animaux a repris de l’ampleur en Tunisie, et de grandes organisations et associations internationales ont affiché leur soutien aux efforts déployés par le collectif Tunisia Animals Voice qui plaide pour le changement de la loi de protection animale en Tunisie, qui date de dizaines d’années.

Un combat long et difficile

Pour commencer par le commencement, il a été décidé de créer, depuis plus d’un an, un groupe public ouvert sur le premier réseau social en Tunisie, et ce, afin de porter la voix des animaux des rues tunisiennes… jusqu’à obtenir que leurs droits soient pris en compte. Ainsi, le collectif Tunisia Animals Voice a vu le jour et vise, toujours, à changer les mentalités, en commençant, par exemple, par interdire aux municipalités de tuer les chiens des rues et laisser leurs cadavres à la vue des citoyens, à l’heure où, dans notre pays, les abattages de chiens errants continuent dans la majorité des municipalités…

Par la suite, il a été décidé de lancer une pétition, à travers laquelle, le collectif demande une loi qui aborde et condamne avec sévérité tous les abus et maltraitances envers les animaux, toutes espèces confondues. Les lois doivent être révisées afin que les animaux soient protégés. A ce jour, cette pétition a obtenu 45.962 signatures et a été partagée, signée, et soutenue très largement à l’international. Ensuite, il a été prévu de déposer à la date du 4 octobre cette pétition à l’ARP, dans une tentative de faire bouger les lignes politiques et faire de la cause animale une cause nationale et un enjeu majeur. Mais, avec les derniers événements qui ont eu lieu après le 25 juillet 2021, tous ces efforts sont restés vains. Pour ce faire, le collectif a décidé, aujourd’hui, d’interpeller le Président Kaïes Saïed en lui envoyant une lettre ouverte.

Une situation insupportable et révoltante

Dans cette lettre, Tunisia Animals Voice a abordé des sujets sensibles tout en rappelant, qu’au mois de mai 2021, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a sollicité le gouvernement tunisien, sur demande de l’ONG « European Link Coalition », dont l’objectif est de protéger l’enfant soumis à la violence infligée aux animaux. Il s’agit de protéger l’enfant en protégeant l’animal. Puis le 27 mai 2021, le gouvernement a répondu à la question du Comité sur le traumatisme que représente, pour les enfants, la vision de l’abattage des chiens errants. Sa réponse a fait l’objet d’une parution le 1er juin 2021 dans un rapport du Comité. « Mais malgré ça, les abattages de chiens errants continuent dans la majorité des municipalités. Les animaux, faute de politique globale de stérilisation, prolifèrent et meurent dans les rues, dans des conditions misérables et inacceptables. Les cas de maltraitance et de torture s’intensifient et restent impunis… », précise le collectif. Face à cette situation, les associations, refuges et individus bénévoles isolés n’arrivent plus à faire face, par manque de place et de moyens financiers. Tous sont dans un état d’épuisement physique et psychique total… et cette situation est devenue, aujourd’hui, insupportable et révoltante… Pis, cette image de la Tunisie nuit grandement au pays, notamment au tourisme, puisque de nombreuses personnes sont de plus en plus sensibles à la cause animale à travers le monde.

« Le triste spectacle de la misère et de la souffrance animale, banalisé par les adultes dont les parents, est délétère pour la construction psychique de l’enfant, cet être en devenir qui sera, demain, ce citoyen aux commandes de notre société. Cet individu, n’ayant pas reçu les bons signaux depuis la base, ne pourra répondre aux valeurs respectables que vous prônez qui sont justice, égalité, intégrité dans les paroles et les actes, honnêteté et empathie envers autrui et pour tout être vivant. Toutes ces valeurs qui feront de la Tunisie un pays moderne et tourné vers l’avenir, digne de respect, riche de son passé historique et reconnu comme tel par la communauté internationale; ces valeurs s’étant malheureusement effritées, ces dernières années… Dans cette pétition, nous demandons de faire référence à la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal », souligne encore le collectif.

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Charger plus par Meriem KHDIMALLAH
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Un commentaire

  1. Jane Marshall

    09/12/2021 à 16:23

    Même si j’étais très riche, JAMAIS je ne mettrai les pieds en Tunisie !

    Répondre

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