Il y a comme une pause chez les «adversaires» du «25 juillet». A l’extérieur, Europe et Etats-Unis n’insistent presque plus. Aux remontrances et injonctions à KS succèdent de nouvelles urgences «Libye, Soudan, Zemour en France , «delta» qui repart chez les Anglais. Ici, les plus fielleux des acharnés, les M’barek, Marzouki, Chebbi et quelques autres nahdhaouis, se taisent tout d’un coup. Les sondages l’expliquent, c’est sûr, mais il y a, aussi, ce que le conseiller de Biden, John Kerry, vient de déclarer à Najla Bouden, notre cheffe de gouvernement. Le Pentagone qui prend l’exact contre-pied du Congress et qui réaffirme son soutien et maintient son aide à la Tunisie, il y avait là, à coup sûr, de quoi décourager les pires hostilités.

Où en sont les choses, alors ? Où en est-on ?

L’Occident se détourne, laisse faire (promet même), l’opposition locale s’essouffle, KS vole toujours dans les sondages, rien ne rassure, pour autant. Rien ne se précise encore de l’après-«25 juillet». Rien ne s’annonce pour le mieux.  Difficile, d’abord, de distinguer les vraies priorités.

Le président choisit la lutte contre la corruption. Le mal qui ronge la Tunisie. Vrai. Mais la difficulté, hélas déjà patente,est que c’est un mal complexe qui ne se traite jamais sur le court terme. L’exemple de ces premières semaines de gouvernement Bouden le prouve sans mal. Exemple de précipitations, de mauvaises communications. De cafouillages judiciaires et de pertes de temps. Résultat de tout cela, les vraies urgences de la Tunisie, aujourd’hui, son incapacité budgétaire et son surendettement risquent de rester sans solution. Difficile, par-dessus tout, de comprendre où l’on va. Vers quelle reconstruction ? Vers quel Etat ? Au lendemain de l’article 80 et des mesures d’exception, on pensait deviner le projet de Kaïs Saïed : suspendre le parlement et les responsables de la désastreuse décennie, ajuster la Constitution ; organiser référendum et nouvelles élections. On perd plutôt le fil depuis. L’article 117 commande à présent; le président gouverne par décret, et une équipe dite «explicative» laisse entendre que nous nous dirigeons vers une tout autre démocratie. Vers un tout autre Etat. Le projet est-il viable ? Le problème : nul n’en jure, nul ne sait.

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