«L’information selon laquelle des partis politiques tunisiens auraient conclu des contrats avec des entreprises étrangères de lobbying a été prouvée  à travers le rapport de la Cour des comptes et le département de la Justice des Etats-Unis ».


Recevant, au palais de Carthage, la ministre de la Justice, Leila Jaffel et le premier président de la Cour des comptes, Najib Ktari, le Chef de l’Etat, Kaïs Saïed, a jugé « indispensable » une révision de la loi sur le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui, a-t-il estimé, n’est «pas moins importante que la Constitution».

« Il ne peut y avoir de véritables progrès sans une réforme radicale de la justice, a-t-il soutenu, assurant qu’il n’interférera pas dans les affaires de la magistrature, selon un communiqué publié par la présidence de la République.

S’adressant à la ministre de la Justice dans une vidéo postée sur le portail de la présidence, Kaïs Saïed a souligné que l’élaboration d’un décret relatif au Conseil supérieur de la magistrature ne signifie nullement une ingérence dans les affaires de la justice. Les magistrats seront eux-mêmes mis à contribution dans l’élaboration de ce projet, a-t-il dit.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat a évoqué un rapport mis en ligne, avant-hier par le département de la Justice des Etats-Unis incriminant trois partis politiques tunisiens. Kaïs Saïed n’a pas cité ces formations politiques.

« Le rapport américain confirme l’information selon laquelle, des partis politiques tunisiens auraient conclu des contrats avec des entreprises étrangères de lobbying. Ce constat a été prouvé  à travers le rapport de la Cour des comptes et le département de la Justice des Etats-Unis», a-t-il dit.

Le Président Kaïs Saïed s’est également interrogé sur l’intérêt de l’annulation d’une liste électorale, cinq ans après.

Lors de cette rencontre, Saïed est revenu sur de nombreux dépassements évoqués dans le rapport de la Cour des comptes sur un financement étranger des campagnes électorales.

A cela s’ajoute, a-t-il dit, des affaires de complot, de harcèlement sexuel, de violences et d’autres crimes concernant certains députés, a-t-il encore souligné.

« La majorité des magistrats sont intègres, honnêtes et respectueux de la loi »

Le Président de la République a aussi déclaré que la majorité des magistrats sont intègres, honnêtes et respectueux de la loi, malgré les tentatives de corruption et les pressions qu’ils subissent.

«Je suis convaincu que les magistrats rejettent ce genre de pratiques malsaines», a-t-il ajouté.

La corruption dans le système judiciaire n’a pas totalement disparu, a-t-il, toutefois, relevé.

Le Président Saïed a, en outre, déclaré qu’il n’acceptera pas que des atteintes soient portées à l’indépendance de la justice ou à celle des juges.

Jeudi dernier, lors du Conseil des ministres, le Président de la République a demandé à la ministre de la Justice d’élaborer un projet relatif au Conseil supérieur de la magistrature, suscitant le mécontentement de certaines structures professionnelles qui voient en cela « une violation » de la loi organique relative au Conseil supérieur de la magistrature.

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