Elle aurait qualifié le rendement de l’élève au cours d’anglais de « très médiocre »


Plus qu’une mésaventure, c’est un véritable drame, révélateur de la chute dans les abîmes du système éducatif tunisien, qui est survenu à Faten Ben Slama, enseignante d’anglais au collège Habib-Bourguiba de Ksour Essef (Mahdia). Pour avoir reproché à un de ses élèves de ne pas avoir fait ses devoirs et pour avoir qualifié son rendement en cours d’anglais de très médiocre « very bad », cette professeure, réputée pour son sérieux et sa rigueur en classe et qui a 27 ans d’ancienneté au compteur, se retrouve aujourd’hui dans le collimateur de la justice. Cette enseignante fait, en effet, l’objet de poursuites judiciaires engagées par la famille du jeune plaignant, qui l’accuse d’être responsable de la souffrance psychologique dans laquelle se trouve l’élève.

Une histoire fabriquée de toutes pièces

Selon les dires de son entourage, les « propos durs proférés par l’enseignante » auraient tellement affecté le jeune garçon  que le traumatisme psychologique qui s’en est suivi aurait généré chez lui une paralysie faciale partielle! Une version des faits qui est démentie avec véhémence par la principale concernée qui accuse, aujourd’hui, les membres de la famille de l’élève, en particulier sa tante avocate et principale plaignante, d’avoir monté cette histoire de toutes pièces.

« C’est la première fois qu’une telle histoire m’arrive, raconte la jeune femme abasourdie et ébranlée par la tournure prise par les événements. Je suis connue pour mon sérieux et ma rigueur et je jouis d’une très bonne réputation auprès de mes collègues et de la direction régionale de l’éducation. En classe, je suis très respectueuse de mes élèves avec qui j’aime parler et dialoguer dans la langue que j’enseigne. D’ailleurs, afin qu’ils pratiquent,  le plus souvent, la langue anglaise, je leur demande de formuler toutes leurs questions et leurs réponses en anglais. Je tiens tout particulièrement à ce qu’ils soient assidus et je me montre très exigeante à ce sujet. Je leur demande de réviser régulièrement leurs cours et de faire à la maison les exercices que je leur donne. Les événements, dont on parle ont eu lieu la veille des vacances du Mouled. J’ai demandé au jeune élève dont la famille a porté plainte contre moi, de récapituler ce que je leur ai enseigné au cours précédent. Il s’est avéré que, non seulement il n’a pas révisé son cours, mais il n’a pas non plus fait l’exercice que je leur ai donné à faire à la maison. Je lui ai signifié que les réponses apportées à mes questions étaient toutes hors sujet, parce qu’il n’avait pas révisé son cours et que son rendement en cours était très médiocre. Jamais je n’aurais pensé que les choses allaient dégénérer de cette façon ».

Un procès reporté

Atterrée, la jeune femme, objet d’une cabale et harcelée par les membres de la famille du jeune garçon, n’en revient pas d’autant que plus de vingt avocats ont été désignés pour prendre la défense du jeune garçon, alors que toute l’histoire est basée sur de fausses allégations colportées par la famille de l’élève.

Après avoir été entendue par la brigade de lutte contre la criminalité et les violences faites aux femmes et aux enfants, la jeune femme, qui s’est présentée également devant le procureur de la République, a vu — après la signification d’un jugement immédiat de détention préventive rendu à son encontre et qui a été finalement abandonné — son procès reporté au 26 novembre prochain.

Aujourd’hui, l’enseignante bénéficie du soutien total de la fédération générale de l’enseignement de base qui prendra toutes les dispositions nécessaires, dans le respect de la loi, pour la sortir de l’ornière et mettre fin à cette injustice dont elle est victime.

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