• Les manifestants exigent la fin des dispositions exceptionnelles et la destitution du Président de la République.

• Les unités de sécurité ont procédé, dans la matinée d’hier, dimanche, à la fermeture de toutes les entrées de la place du Bardo avec des barrières. Toutes les entrées du Parlement étaient également fermées.

• Des personnes munies d’armes blanches arrêtées par la police.


De nouveau, les opposants du Président de la République, Kaïs Saïed, et aux dispositions du 25 juillet ont manifesté hier. Cette fois-ci, ils ont choisi la place du Bardo pour s’organiser et appeler à la fin des dispositions exceptionnelles et même à la destitution du Président.

Plusieurs centaines de personnes sont descendues hier dans la rue pour réclamer le départ du Président de la République, Kaïs Saïed, car, pour eux,  « il est en train d’opérer un coup d’Etat et d’instaurer un régime autoritaire ».

S’agissant du nombre des manifestants, le ministère de l’Intérieur affirme que jusqu’à 13h leur nombre a atteint 3.000 personnes, sauf que selon les images diffusées sur les réseaux sociaux, ces opposants ont rempli la place du Bardo, alors que d’autres personnes affirment qu’ils n’ont pas pu atteindre la place à cause des barrières sécuritaires installées partout.

Car, en effet, les unités de sécurité ont procédé, dans la matinée d’hier, dimanche, à la fermeture de toutes les entrées de la place du Bardo avec des barrières. Toutes les entrées du Parlement étaient également fermées. Un déploiement massif des forces de sécurité a été observé dans la même zone, sauf que les manifestants sont parvenus à désinstaller certaines barrières et à atteindre la place du Bardo.

Au fait, dès les premières heures de la matinée, les manifestants commençaient à affluer. Ils étaient nombreux, munis du drapeau tunisien et de slogans hostiles au Président de la République ceux qui ont manifesté pour appeler à la fin des dispositions exceptionnelles. Venus de toutes parts et notamment des gouvernorats de l’intérieur du pays, ils affirment défendre la «légalité», la «légitimité» et la «démocratie».

«Venu de Ben Guerdane, j’ai passé 19 heures pour atteindre Le Bardo, les barrières de la police sont partout, tous les accès étaient fermés, mais on faisait de notre mieux pour atteindre la place du Bardo, car on ne pouvait pas rebrousser chemin», affirme un manifestant.

Le mouvement «Citoyens contre le coup d’Etat», qui organise cette manifestation contre les mesures exceptionnelles du 25 juillet, dénonce la fermeture des routes, le blocage des moyens de transport empêchant ainsi les protestataires de rejoindre la manifestation du Bardo. Dans un communiqué rendu public, le mouvement estime que ces pratiques constituent une « déviation qui témoigne d’un retour vers la dictature».

Des personnes armées

Le ministère de l’Intérieur a annoncé dans un communiqué rendu public hier, que des personnes munies d’armes blanches ont été arrêtées parmi les manifestants. «Photographiées en guise de preuve, ces personnes ont été traduites devant la justice», ajoute le même communiqué.

D’autre part, participant à cette manifestation, plusieurs citoyens ont dénoncé des restrictions et des intimidations sécuritaires, certains affirment même qu’ils ont été empêchés de rejoindre la foule au Bardo.

D’autres témoignent même que leurs véhicules ont été confisqués par la police. «On m’a confisqué ma voiture car ils ont su que j’allais participer à cette manifestation. Pour quel motif ? La police dit que cette manifestation est interdite par la loi conformément aux dispositions exceptionnelles», témoigne une activiste présente dans ce rassemblement. Face à ce qu’ils appellent «des intimidations policières», certains manifestants ont menacé d’entamer un sit-in ouvert à la Place du Bardo.

Notons que des activistes et figures politiques ont été observées durant cette manifestation. Il est notamment question de responsables et d’anciens responsables d’Ennahdha comme Abdellatif Mekki, Samir Dilou, Jamila Ksiksi…, des députés d’Al-Karama comme Abdellatif Aloui, du leader au sein du parti Amal Tounès Ridha Belhaj, et de l’activiste Jawhar Ben Mbarek.

Rappelons que c’est le mouvement «Citoyens contre le coup d’Etat» ainsi que d’autres partis politiques dont notamment Ennahdha qui ont appelé à manifester massivement contre le Président de la République. Ils avaient promis la plus grosse manifestation depuis les dispositions du 25 juillet.


Photo Abdelfatteh Belaïd

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