Pour pouvoir postuler à des ressources financières, qui font défaut en cette période de crise, le gouvernement vient d’entamer des discussions techniques avec le FMI pour obtenir une assistance financière conditionnée à la conduite d’un certain nombre de réformes.

Les discussions ont porté sur la revue de l’évolution économique et monétaire en Tunisie, ainsi que les réformes économiques envisagées par les autorités et pouvant être soutenues par les partenaires internationaux et notamment le Fonds monétaire international après une requête officielle formulée récemment par la Cheffe du Gouvernement, Najla Bouden, à la directrice générale du Fonds.

La délégation tunisienne et celle représentant le FMI  se sont accordées sur l’importance des orientations stratégiques arrêtées par le gouvernement tunisien qui seront traduites, en partie, au niveau de la LF2022, qui donneront certes un signal fort aux bailleurs de fonds et aux investisseurs tunisiens et étrangers.

Mais, en dépit de la résolution du président de la République et du nouveau gouvernement  à focaliser l’action sur la maîtrise des prix, la lutte contre le commerce illicite et les pratiques frauduleuses, la préservation du pouvoir d’achat et la guerre contre la corruption, aucune feuille de route claire n’a été conçue pour pouvoir espérer une sortie de crise prévisible.

En effet, la crise des finances publiques, l’ampleur de l’endettement public, les difficultés des entreprises publiques et privées et autres problèmes structurels sont passés presque sous silence.

En l’absence d’un programme de relance ou de sauvetage socioéconomique du gouvernement à l’heure actuelle, l’impératif est d’observer une stricte austérité en matière de dépenses publiques et de limiter le recours aux ressources d’emprunts extérieurs. Certes, ce recours est coûteux et difficile d’accès, notamment après la récente dégradation de la note souveraine de la Tunisie par l’agence Moody’s fin octobre 2021 en raison de la complexité de la situation actuelle que traverse le pays et la persistance des incertitudes, mais il est nécessaire pour assurer les équilibres budgétaires de l’Etat.

Inévitable a priori, l’austérité demandée est-elle possible et ses répercussions ne pourraient-elles pas être sévères pour une population dont le pouvoir d’achat est en perpétuelle dégradation ? Une population qui souffre de plus en plus de la cherté de la vie ?

Le président de la République a appelé, à maintes reprises, à l’austérité concernant la gestion des finances publiques, insistant sur  la nécessité de compter sur les capacités nationales avant d’envisager de recourir aux ressources étrangères, qui est difficile d’accès en cette période de crise.

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