L’industrie automobile tunisienne a réussi à s’ériger progressivement en secteur d’activité phare au sein du paysage économique national. La stratégie dédiée à la branche des composants automobiles s’est avérée opportune pour asseoir les jalons d’une industrie performante et compétitive, suffisamment intégrée dans les chaînes de valeur mondiales.

Ce secteur ne cesse de se développer en attirant des investisseurs de toutes nationalités avec environ 20 nationalités représentées dans les capitaux investis. La branche des composants automobile, en l’occurrence, a connu une très forte croissance depuis l’an 2000 et une présence accrue des entreprises exportatrices.

L’emploi dans les fils, câbles et faisceaux de câbles a doublé et celui dans les composants électriques et surtout électroniques a été multiplié par 5,5. De nombreux leaders mondiaux se sont installés et ont renforcé leur position en Tunisie, devenue désormais un des sites forts des faisceaux de câbles grâce à sa proximité de l’Europe, sa logistique et la qualification de ses ressources humaines.

Cette performance est redevable, en grande partie, à l’effort d’attractivité déployé par les pouvoirs publics, qui a permis de drainer des investisseurs étrangers de renommée mondiale. Cette performance ne devrait pas pour autant perdre de vue un certain nombre de défis qui se profilent à moyen terme, notamment en rapport avec les bouleversements technologiques que connaît l’industrie automobile mondiale, sous l’effet des pressions concurrentielles et des mutations accélérées de la demande de véhicules. La crise du Covid a entraîné, en outre, une baisse de la demande à l’échelle internationale ayant pour effet sur l’industrie automobile un ralentissement de la croissance.

La période du confinement et la reprise graduelle ont diminué la production, qui a tenté de se maintenir malgré tout. Rappelons que ce secteur englobe 280 entreprises industrielles dont 140 à participation étrangère et 65% totalement exportatrices. Il est doté d’un potentiel d’employabilité d’environ 90 000 emplois. La Tunisie est encore bien positionnée sur le marché des composants automobiles grâce à la haute qualification de ses cadres et techniciens. Elle reste compétitive pour les procédés à forte intensité de main-d’œuvre. Cette branche, principale filière du secteur des IME en Tunisie occupe une place de tout premier plan en Afrique, avec un montant de 4.5 milliards de dinars d’export destiné aux marchés les plus concurrentiels.

Charger plus d'articles
Charger plus par Najoua Hizaoui
Charger plus dans Supplément Economique

Laisser un commentaire