• Les premiers résultats de la rencontre gouvernement Bouden-Ugtt annncent-ils déjà un retour, dans les jours à venir, du dialogue social, c’est-à-dire des négociations salariales prévues en juin 2021 pour couvrir les trois années 2021, 2022 et 2023 ? En attendant les mesures qui seront annoncées, la semaine prochaine, lors d’une autre réunion entre les représentants du gouvernement et ceux de l’Ugtt, qui se retrouveront de nouveau face à face, comme annoncé par Noureddine Taboubi, S.G. de la centrale syndicale.

Finalement, la rencontre au sommet ayant réuni lundi 16 novembre au palais de La Kasbah, la Cheffe du gouvernement, Najla Bouden, accompagnée d’une délégation de ses ministres, et Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt, flanqué de ses principaux lieutenants, a abouti à des résultats tangibles, concrets et réalisables, dans les délais les plus proches, selon les déclarations du patron de la centrale syndicale ouvrière lui-même, la Cheffe du gouvernement et Nasreddine N’sibi, ministre de l’Emploi et porte-parole du gouvernement.

«Une rencontre positive qui s‘est déroulée dans de très bonnes conditions» affirment aussi la partie gouvernementale et la partie syndicale.

Une rencontre dont a profité la Cheffe du gouvernement pour préciser que «le dialogue avec l’organisation syndicale doit être honnête et franc pour établir une collaboration efficace afin d’avancer progressivement vers des réformes de fond et la satisfaction des revendications des Tunisiens».

Et  les premiers dividendes de ces retrouvailles Ugtt-gouvernement d’apparaître déjà à travers la déclaration phare du porte-parole du gouvernement et ministre de l’Emploi, Nasreddine Nsibi, qui a précisé clairement que «le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre les accords conclus avec la centrale syndicale  pour assurer la  continuité de l’Etat».

Il n’a pas manqué d’ajouter la précision suivante : «Nous devons être conscients de la situation de notre pays, nous sommes à un point critique où les solutions doivent être déployées. Elles ne seront pas improvisées mais devront se baser  sur des données scientifiques et objectives».

Troisième constat à mettre en relief ou déclaration dont il importe d’analyser les significations. Il s’agit de l’analyse faite par Noureddine Taboubi des résultats issus de la rencontre gouvernement-Ugtt.

D’abord, Taboubi insiste sur le fait que «la réunion s’est déroulée dans une ambiance de franchise totale», ajoutant : «Le gouvernement a fait ses engagements dans le cadre de la continuité de l’Etat, et les accords déjà signés et non appliqués jusqu’ici seront publiés ultérieurement et mis en œuvre».

Outre les questions en suspens que les syndicalistes voudraient voir le gouvernement résoudre (emploi précaire, augmentation du Smig et du Smag, justice fiscale, restructuration des entreprises publiques, réforme des circuits de distribution dans le cadre de la lutte contre la spéculation, lutte contre la détérioration du pouvoir d’achat du citoyen dans le sens de la lutte contre la montée vertigineuse des prix et de la majoration des salaires), le secrétaire général de l’Ugtt a fait part de la décision du gouvernement d’«ajouter d’autres axes dont nous (c’est-à-dire l’Ugtt) serons informés dans une semaine».

Encore une information livrée par le patron de l’Ugtt : «D’autres réunions suivront sous la forme également de commissions qui seront dédiées aux dossiers que nous traiterons en commun».

Donc, si l’on essaye de tirer une première conclusion de ce qui a été dit par Taboubi, Bouden et Nsibi, on peut affirmer que les rencontres Ugtt-gouvernement vont se poursuivre (à partir de la semaine prochaine), ce qui pourrait être saisi comme une annonce de la reprise des négociations sociales qui veulent dire, tout simplement et tout bonnement, l’augmentation pour le compte des années 2021, 2022 et 2023 des salaires dans la  fonction et le secteur publics comme déjà convenu avec le gouvernement Mechichi. Les négociations en question devaient démarrer, faut-il le rappeler, en juin dernier mais elles ont été gelées à cause du Covid-19.

L’Ugtt face aux mesures exceptionnelles

Certains analystes et observateurs n’ont pas hésité à affirmer que l’Ugtt, guidée par son secrétaire général Noureddine Taboubi, encouragé par certains parmi ses principaux lieutenants au bureau exécutif connus pour leur sympathie pour le  Président de la  République, a décidé de se ranger du côté de la présidence de la République contre les opposants à la dynamique du 25 juillet et du 22 septembre derniers coalisés désormais au sein d’un mouvement qu’ils appellent «la coordination citoyens contre le complot».

Noureddine Taboubi n’a pas raté l’occasion pour répondre à ses détracteurs en soulignant : «Nous observons l’avenir en ayant une lecture critique quant aux orientations toujours non annoncées du Président de la République, ce qui a ouvert la porte aux interprétations. Nous devons trouver une opportunité de réforme et une sortie de crise».

Et cette opportunité de réforme ou cette sortie de crise ne passeront jamais, selon Taboubi, par le retour du Parlement aux activités gelées, tout simplement parce que «c’est impossible et  parce que tout retour en arrière est une perte de temps».

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