L’objectif atteint,notre équipe nationale ne nous a pas enchantés. Irrégularité et distraction défensive à soigner avant les barrages. Et Kebaïer ?


Il ne faut pas être très sévère envers Kebaïer et ses joueurs qui terminent premiers de leur groupe et qui se qualifient pour les barrages. Même si peu alléchante et pas très spectaculaire à voir, notre équipe a offert ce qu’on demande d’elle sur le plan comptable : un classement de leader au moment où presque tous les grands d’Afrique ont affiché une fatigue et une production de jeu peu convaincante, à l’image de l’Algérie, l’Egypte ou du Maroc. Cela peut être une «circonstance atténuante» pour Kebaïer et ses joueurs au moment de faire un premier bilan.
Mais en même temps, et sans être sévère et subjectif, on peut dire qu’on n’est pas très convaincu de ce qu’a montré l’équipe nationale. En tout cas, nous ne sommes pas très enchantés et très enthousiastes pour deux raisons : ce fut un groupe abordable par rapport à d’autres groupes où il y avait deux ou trois équipes favorites, puis parce que ces hauts et ces bas au niveau du jeu et de la prestation individuelle inquiètent.
Il est maintenant nécessaire de dire les choses telles qu’elles sont : c’est une équipe de Tunisie efficace, oui mais pas si solide et pas si spectaculaire que l’on décrit.
Beaucoup à dire sur les choix des joueurs, sur les changements de Kebaïer et sur la prestation des cadors.
Pourquoi on a tant souffert face à la Zambie après une excellente première mi-temps ? C’est qu’à chaque fois, Mondher Kebaïer changeait de plan de jeu, de «casting» dans quelques postes sans trouver un onze idéal. Parfois, il utilisait Khazri en pointe, parfois il lançait Jaziri, parfois il jouait le 4-3-3 et puis au dernier match, il optait pour le 3-4-3.
Recherche de la perfection ? On ne pense pas. Kebaïer, tel qu’il s’affiche, est une personne soucieuse, stressée et qui n’excelle pas dans la communication. Il a transmis un peu de cette «vive et innée» inquiétude à des joueurs qu’on a aussi surestimés. C’est la vérité : on n’a pas de joueurs extraordinaires qui jouent dans les plus grands clubs. A part Khazri, Skhiri et Maâloul, nous avons un panel de bons, voire de moyens joueurs. On s’est fait piéger facilement à Malabo, on a frôlé le pire en Mauritanie, et cela n’est pas la faute seulement à Kebaïer et son staff (en a t-il vraiment un, avec deux adjoints passifs et qui gagnent un salaire sans se soucier de recadrer les choix de Kebaïer), mais aussi à des joueurs qui ne font pas l’effort de se surpasser, de trouver la solution sur le terrain. Et pourtant, ils sont bien rémunérés, ils vivent dans le luxe, ils ont toutes les conditions et la logistique pour mieux jouer. Les barrages approchent. Quel que soit l’adversaire, Kebaïer et ses adjoints sont-ils si sûrs de rester? La réponse est chez Wadï El Jary sûrement. Mais ce n’est pas le seul point à discuter : le choix des joueurs reste un chantier ouvert. Des joueurs sont là parce qu’ils appartiennent au clan des influents, d’autres qui font mieux sont ignorés. C’est là le vrai malaise en sélection. On reste ferme : ce n’est pas l’équipe de Tunisie qu’on aimerait voir.

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