La pandémie du covid a frappé de plein fouet les PME tunisiennes dont la situation demeure très critique. Depuis 2020, les faillites se seraient enchaînées en raison du manque de soutien adéquat et de sources de financement qui auraient pu aider ces entreprises dans leur reprise d’activités. D’après le baromètre de la santé des PME Miqyes 2021 réalisé par la Conect  en coopération avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), 13% des entreprises (517 PME) à participation étrangère ont déclaré avoir fermé leurs portes, 84% ont vu leurs activités impactées par la crise sanitaire et 50% ont perdu une clientèle stratégique en 2020. De même, 69,7% de ces entreprises ont observé une baisse de leur chiffre d’affaires en 2020, contre 32,4% en 2019 et seulement 41,6% ont déclaré avoir dégagé un bénéfice comptable contre 66,8% en 2019.

Outre les répercussions de la pandémie, le baromètre a fait ressortir d’autres lacunes relatives au blocage administratif causé aussi bien par l’administration fiscale que par les douanes et les autorisations.

Quoique certaines PME aient la volonté de restructurer leur situation financière en 2022, l’environnement des affaires demeure aujourd’hui décourageant, voire démotivant à cause du cadre fiscal actuel, sachant que la moitié des entreprises interrogées ont perdu leur capital et 35% ont eu des difficultés financières pour pouvoir poursuivre leurs activités.

Le nouveau gouvernement est appelé à  prendre de fortes mesures pour assurer la reprise optimale des activités de cette catégorie d’entreprises. Sa première action consiste en la mise en place urgente d’un dispositif national de sauvetage de ces PME. Car d’après ce tableau sombre dressé par la Conect sur la situation générale que traversent les PME depuis 2020 et qu’elle juge critique, il est temps de faire bouger les lignes et de lancer une alerte à destination du gouvernement pour sauver ces entreprises, qui se trouvent aujourd’hui, pour la majorité, dans un état de surendettement et une crise suffocante.

Dans ce contexte, la directrice générale de promotion des PME au ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, Malika Krit, a souligné que l’année 2020 était une année difficile pour les entreprises tunisiennes, notamment les PME, mettant l’accent sur l’impératif de réfléchir à de nouveaux mécanismes innovants pour promouvoir les PME, dans le cadre d’une stratégie nationale industrielle à l’horizon de 2035.

C’est dire que la crise sanitaire n’a fait qu’accentuer la descente aux enfers d’une machine économique fragilisée par l’absence d’une vision prospective et efficace sur la situation. Les entreprises devront faire preuve de persévérance et essayer de tirer leur épingle du jeu dans un environnement où tout est en crise.

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