La présence des compétences tunisiennes constitue une fierté pour la nation. Salima Ben Sassi fait partie de ces  jeunes qui sont sur une courbe ascendante.

Ayant obtenu un master de recherche en économie de développement de la faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Tunis (Fesgt) en 2018, Salima Ben Sassi a fait ses premières armes dans le secteur privé et de la société civile. Ces expériences lui ont permis d’acquérir un ensemble de compétences et de connaissances transversales (communication, mobilisation citoyenne gestion d’équipes, programmation…), qui lui ont ouvert les portes vers la première cohorte du réseau des déléguées de jeunes dans la région arabe initié par le Arab Youth Center.

Salima a intégré le Pnud Tunisie en mars 2020, suite à la signature d’un partenariat entre l’Arab Youth Center (AYC) et le Bureau Régional des Etats Arabes du Programme des Nations unies pour le Développement (Pnud Rbas), qui a pour objectif de renforcer, d’une part, l’inclusion des jeunes Tunisiennes au niveau national et développer, d’autre part, les synergies au niveau régional, par la création d’un réseau de 11 jeunes déléguées réparties dans les pays arabes.

Construire un réseau dynamique de jeunes

Ce partenariat s’inscrit dans le cadre du «Youth Leadership Programme» (YLP). Il s’agit d’un programme qui a été lancé en 2015, avec pour but de construire un réseau dynamique de jeunes de la région, travaillant principalement sur l’innovation et le développement durable. Le YLP offre l’opportunité aux jeunes les plus innovants de présenter leurs idées dans des universités renommées et des plateformes mondiales, telles que le Forum des jeunes du Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc) au siège des Nations unies à New York, à l’Université de Stanford, à Hult, à l’International Business School et au Parlement européen, par exemple. En Tunisie, la sélection de ces jeunes se fait à travers l’initiative «SDG Camps».

Les SDG Camps sont des ateliers de réflexion autour des 17 objectifs du développement durables (ODD). Lors des activités, ces jeunes sont incités à trouver des solutions nouvelles aux problèmes communautaires, à travers des exercices de brainstorming et mind mapping pour parvenir à la conception collective d’initiatives. Celles qui sont les plus novatrices sont qualifiées,par la suite,pour participer au forum régional organisé par le YLP chaque année.

C’est à l’occasion dudit forum,que les jeunes les plus innovants de la région peuvent bénéficier d’opportunités de réseautage et de renforcement de capacités, selon les priorités globales de développement. Cet espace d’échange permet également de renforcer la connaissance et la conscience des enjeux des pays voisins et de consolider, ainsi, les liens de fraternité.

En outre, les SDG Camps et le YLP travaillent sur un volet de sensibilisation et de plaidoyer, à travers des campagnes de communication orientées sur les besoins des jeunes, ex. : Santé mentale, et la reconnaissance de leurs efforts par la célébration des journées internationales comme celles de la jeunesse ou de la femme…

Du fait du contexte sanitaire imposé par la pandémie du covid-19, la méthodologie des SDG Camps a évolué pour mieux s’intégrer au monde virtuel. La digitalisation du processus d’idéation a apporté un ensemble d’avantages :le rassemblement d’un plus grand nombre de jeunes, issus de toutes les régions, engagés dans un processus d’échange et de dialogue, tout en évitant les risques de propagation du virus ainsi que la multiplication des activités de formation, de plaidoyer et de vulgarisation des ODD, par les réseaux sociaux, afin de donner à davantage de jeunes la possibilité de contribuer à l’atteinte de l’Agenda 2030, par des actions concrètes.

«En tant que déléguée, ma mission est d’inciter des jeunes à trouver des solutions innovantes aux défis majeurs auxquels ils font face et qui ont un lien avec les ODD. En second lieu, j’accompagne chaque innovateur par un suivi régulier et un appui technique, afin qu’il puisse concrétiser son idée de projet et contribuer au développement local et national», a-t-elle mentionné.

Futurs entrepreneurs

C’est la 6e édition du YLP, et avec l’appui des déléguées, le programme a évolué en s’adaptant au contexte actuel et aux besoins des jeunes des différentes régions. De même, le rôle de Salima a évolué. En plus des activités susmentionnées, un accompagnement personnalisé a été mis en place afin d’assurer la réalisation du prototypage. Il s’agit d’idées de jeunes ayant pour objectif l’atténuation de l’impact environnemental et épidémiologique du covid-19. Cet accompagnement vise principalement au renforcement des capacités des jeunes bénéficiaires dans le but de les appuyer afin de devenir de futurs entrepreneurs.

Au milieu de l’année, la déléguée a également intégré le projet Tamkeen et plus particulièrement son volet d’appui à la mise en œuvre de la vision sectorielle de la jeunesse du ministère de la Jeunesse et des Sports. En plus de renforcer les capacités institutionnelles du ministère, le projet intègre 5 principaux axes : soutenir l’élaboration d’une politique nationale multisectorielle de la jeunesse ; contribuer à la refonte des maisons des jeunes comme espaces d’épanouissement citoyen et d’insertion socio-économique des jeunes ; promouvoir les initiatives des jeunes et de la société civile pour la mise en œuvre de la vision sectorielle de la jeunesse ; développer des outils de prévention des comportements à risques et valoriser le volontariat des jeunes.

«Mon rôle principal est, dans l’ensemble des processus en cours, de valoriser les jeunes en tant que partenaires et acteurs de développement, en soutenant leur engagement citoyen. A ce niveau, je travaille, notamment, à la promotion de l’esprit innovant des jeunes, en particulier dans le contexte du covid-19 et de leur active contribution à la lutte contre la pandémie et ses dommages communautaires collatéraux».

Capitalisation des expériences

Dans le cadre du partenariat entre l’AYC et Pnud Rbas, la mission de Salima devait s’achever en février 2021. Durant la période restante, elle continuera son travail de sensibilisation et d’encouragement pour l’engagement des jeunes en tant qu’ acteur principal dans  l’accélération de la réalisation des ODDs d’ici 2030, afin de faire face notamment aux problèmes climatiques et aux enjeux socioéconomiques. De plus, elle assurera la mise en œuvre efficace et efficiente des idées des jeunes novateurs dans l’espoir que ces projets soient durables et qu’ils puissent être dupliqués dans d’autres régions.

Pour ce faire, Salima veillera à la capitalisation des expériences des jeunes et la collecte des leçons apprises qui seront partagées avec le public.

«Entre la diversification de mes compétences et la familiarisation du travail dans le système onusien, cette expérience présente une opportunité majeure dans ma carrière. Elle m’a permis de développer mon réseau de contacts, de consolider mes connaissances et mes compétences dans le secteur du développement, et de renforcer ma capacité d’adaptation, vu les exigences du contexte quotidien. En tant que jeune, travailler avec mes paires d’une manière étroite est un privilège», a-t-elle conclu.

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