Fruit d’Orient et d’Occident, fruit sacré dans toutes les religions, la grenade est connue pour ses fabuleuses vertus sur l’organisme. Mais on ignorait, à ce jour, son pouvoir de séduction esthétique. Invités par Molka Saheb Ettabaa, initiatrice de ce projet artistique, coachés avec science et patience par Lilia Haj Khélifa, commissaire de l’exposition, un collectif d’une vingtaine d’artistes, jeunes et moins jeunes, célèbres ou en voie de le devenir, s’est laissé séduire par le chant de la grenade.

« Je suis née en Perse, ou peut-être sur les confins de l’Himalaya. Les papyrus égyptiens chantent mes vertus, les mosaïques puniques et byzantines témoignent de ma présence, les soldats romains qui ne m’avaient jamais vue me baptisèrent « la pomme de Carthage » et les maures voyageurs offrirent mon nom à la plus fastueuse des cités andalouses. Fruit d’Orient et du Levant, je pousse dans la pierre et dans le sable, dans le froid et dans la sécheresse, dans l’eau et dans le sel, m’adaptant aux éléments, m’accrochant à la terre qui m’accueille, à l’ombre des arbres, au-dessus de buissons,  me fécondant moi-même, arbre de toutes les résistances et de toutes les résiliences. Autour de cette Méditerranée qui souhaiterait réunir plutôt que diviser, «je suis le fruit de la sagesse, de la fécondité, du partage et de la générosité. Ma fleur a décoré les jardins des Hespérides, et ceux de Babylone. Et enchanté les vers des poètes arabes et persans. Mes grains  de miel et de parfum, désaltèrent le nomade dans sa traversée du désert. Ma peau protège des maladies, et offre, à qui en possède la science, les plus belles teintures.

Je suis … la grenade».

Ils ont tous répondu à cet appel venu du fond des âges.

Les grenades qu’ils ont créées sont peintes, sculptées, gravées, ciselées, modelées. Elles sont de terre, de pierre, de fer, de bois, de résine. Elles se veulent précieuses, contemporaines, poétiques, humoristiques ou traditionnelles. Et parce que les grenades ne font rien comme personne, elles seront présentées à travers trois lieux différents, en un parcours arty qu’inaugure la ville de La Marsa : chez XYZ, où est né le projet et qui décide de sortir de ses murs, dans le nouveau  Driba, où Molka Saheb Ettabaa a un pied autorisé, et dans la toute nouvelle galerie qui vient enrichir la vocation culturelle de la cité : TGM Gallery qui l’accueille en bon voisinage, à l’occasion de la superbe exposition autour de l’Ecole de Tunis qui investit ses cimaises. Le vernissage des différents lieux se fera ce jeudi au cours d’une promenade conviviale et artistique. Voilà qui offre à La Marsa un joli souffle d’art.

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