Afin que les ordures qui s’accumulent dans les rues de la capitale du Sud soient levées immédiatement, les Sfaxiens, sous l’égide des deux centrales syndicales patronale et ouvrière, menacent d’observer une  grève générale et de ne pas s’acquitter de leurs impôts. Pour la  première fois, les patrons et les salariés du public et du privé conviennent, avec l’aval de leurs organisations représentatives (Utica et Ugtt), de s’opposer conjointement à l’indifférence des autorités face à la grave crise environnementale qui menace la ville.

Les Sfaxiens ont-ils décidé de passer la vitesse supérieure et à faire monter la barre jusqu’à son plus haut niveau dans le but d’obliger le  Président Kaïs Saïed et le gouvernement Najla Bouden à mettre en application, dans les  plus brefs délais, un plan pratique et concret pour que Sfax respire de nouveau et se débarrasse de  ces  milliers de tonnes de déchets, à condition aussi que ces ordures n’aillent pas empoisonner la vie aux citoyens de Agareb et ceux de la ville de Maharès.

Hier, lundi 29 novembre, les habitants de Sfax ont vécu une journée particulière sous le signe du déclenchement imminent d’une grève générale qui serait organisée, pour la première fois dans l’histoire de la ville, sous l’égide, la supervision et le suivi, à la fois, des patrons représentés par l’Utica régionale et par les ouvriers et les salariés du public et du privé, pilotés par l’Union régionale de  l’Ugtt.

En  effet, tout au long de la journée d’hier, on attendait l’annonce de la décision qui allait émaner de la réunion prévue l’après-midi au sein de l’Union régionale de l’Utica avec à l’ordre du jour l’appel à une grève générale de la part des entreprises affiliées à la centrale patronale et à la désobéissance civile en menaçant de ne pas s’acquitter de leurs impôts.

Le motif de cette décision est clair : les patrons de Sfax dénoncent vigoureusement l’accumulation des ordures domestiques et aussi les déchets hospitaliers dans les rues de la ville au point de menacer sérieusement de déclenchement d’une crise sanitaire.

Et les Sfaxiens sont on ne peut plus déterminés à ne plus attendre les mesures que leur promet le ministère de l’Environnement.

Une conviction déjà enracinée dans les milieux syndicalistes relevant de l’Ugtt où le bureau exécutif de l’Union régionale de la centrale ouvrière a déjà annoncé que le principe de la grève générale a été décidé et qu’il ne reste que de fixer la date de la grève générale.

Et Youssef Adouani, le secrétaire général de l’Union régionale de l’Ugtt à Sfax, de promettre «d’autres actions d’escalade», sans en préciser la nature, laissant la porte ouverte à toutes les interprétations, ce qui pourrait s’agir de l’organisation de sit-in permanents au sein des entreprises opérant dans la ville en partenariat avec les responsables de l’Utica régionale qui, semble-t-il, pourraient décider de coordonner leurs actions avec les syndicalistes.

Du côté de l’Union régionale de l’Ugtt, on donne l’impression qu’il n’y a plus rien à attendre de la part des présidences de la République et du gouvernement.

Un sentiment qui s’est encore renforcé à la suite de la dernière réunion entre les représentants de Carthage et de La Kasbah et ceux des organisations nationales et de la société civile à Sfax, réunion qui n’a abouti à rien de concret, et ce, en dépit de l’engagement des présidences du gouvernement et de la République «à prendre des mesures efficaces urgentes».

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