Depuis le 27 septembre dernier, la deuxième ville du pays est devenue un dépotoir à ciel ouvert, un décor noirci par des tonnes d’ordures ménagères faussant l’image d’une ville qui a souvent prôné la verdure et une propreté méticuleuse. Certes, on ne peut en vouloir aux citoyens de la délégation de Agareb d’aspirer légitimement à un cadre de vie sain après avoir décidé de dire (basta) au dépotoir d’ « El Ganna », et depuis c’est la galère des sfaxiens qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Les coordinations se démènent comme un diable pour crier à haute voix leur désarroi face au mutisme des autorités. Mais, empressons-nous de dire que cette fermeture a fait l’effet boomerang, car on savait pertinemment que le ballon explosera un jour ou l’autre.

Un arrêt sur image laisse dégager des milliers de sachets noirs éparpillés à travers les artères d’une ville qui vit au rythme d’une explosion démographique allant crescendo. Un paysage avec un grand gâchis, le point de collecte des déchets ménagers ouvert le 6 octobre dernier aux alentours du port commercial risque d’être un traitement placebo pour une crise qui en demande autres résolutions pour la désamorcer.

Et de là, autant d’interrogations s’imposent à un moment où chacune des parties prenantes campe sur sa position, car ce marasme dans lequel baigne Sfax impose une résolution qui devrait rendre le sourire aux sfaxiens et rompre avec un dossier brûlant qui a mobilisé les différentes composantes d’une société qui n’est pas prête pour lâcher du lest. Est ce la volonté politique est aux abonnés absents, alors que le marécage dans lequel baigne la ville a retenti sur certains tabloïds de l’autre rive de la Méditerranée.

Le 10 décembre prochain, déclarée journée de colère d’une ville qui s’accroche à sa propreté comme un parachutiste à sa montgolfière, pourra-t-elle bouger d’un iota les décideurs pour rendre justice aux citoyens. En attendant, des dégâts tristes ont marqué le quotidien pour citer « chott El Kerekna » ; jadis un lieu pour se désaltérer et admirer des barques qui ont jetées l’ancre ; qui n’a pas été épargné par les retombées néfastes d’une( bombe) qu’on croyait au début une boule de neige. Mais à notre humble avis, que faut-il pour trouver un dénouement heureux à cette crise.

Est-ce le facteur temps ou la quasi-absence de solutions ? Et justement, dans ce dernier registre, une solution même provisoire appelle à s’en servir pour faire éviter à cette ville de se voir gâcher une beauté dessinée avec fierté par ses artistes plasticiens, et qui la défendent jalousement. Il s’agit du terrain sis à la route de Gabes à 3 km du centre névralgique de la ville, s’étalant sur une superficie de plus de 5 000 ha.

Une aire qui faisait partie des « biens » terriens de la SIAPE avec des dunes phosphogypse mais délaissée. Certes, une issue de secours qui urge, car le plus sûr pour épargner à cette ville côtière est de se rebiffer sur le procédé de traitement des déchets ménagers et le compostage. Une source fiable nous a rapporté que le processus qui fait des heureux dans les pays qui l’ont adopté requiert des installations de 10 machines dont le coût unitaire est estimé à 1 000 dinars et que le montage impose des mois. Une durée dans le temps qui pourra faire taire la grogne des citoyens et les réconcilier avec leur environnement. Ça y va aussi de la composante écologique qui souffre déjà le martyr. À bon entendeur…

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