Les programmes d’appui qui sont mis à la disposition des entrepreneurs  sont, à la fois, riches et diversifiés.  Qu’il s’agisse de projets financés par la coopération étrangère ou de mécanismes d’accompagnement mis en œuvre par l’Etat, ces programmes sont mis en place dans le seul objectif d’apporter l’appui nécessaire aux jeunes porteurs de projets.  Ces programmes sont-ils efficaces? Répondent-ils aux besoins des jeunes entrepreneurs? Karim Zaghdane, chargé du projet, initiative pour la stabilisation économique et l’emploi des jeunes Iseco, apporte son éclairage.

Est-ce que l’écosystème actuel est propice au développement de l’entrepreneuriat en Tunisie ? 

Au niveau international, la Tunisie est bien placée. Il y a un index international qui s’appelle Global entrepreneurship Index qui classifie les pays selon l’écosystème entrepreneurial où la Tunisie est bien placée. En termes de services offerts,  l’entrepreneur a énormément de services d’appui qui sont mis  à sa disposition non seulement au niveau central, mais aussi dans  les régions. A vrai dire, il y a une proximité des services dans les régions. L’offre  est assez riche.  Maintenant est-ce que l’entrepreneur est informé de l’ensemble des programmes déployés? C’est une question que je pose. Est-ce qu’il consomme ces services-là? Est-ce qu’il s’intéresse à ces projets? Je crois qu’il y a, en ce sens, un grand travail, notamment de communication,  à faire  pour drainer les porteurs de projets  et mettre en place des structures qui peuvent être privées, étatiques ou associatives  et  qui s’impliquent davantage dans cette dynamique pour communiquer plus sur ces projets et pouvoir atteindre plus d’entrepreneurs. Donc, en somme, on peut dire qu’ il y a beaucoup d’acteurs. L’écosystème est assez riche. Il est toujours à améliorer. Mais le problème se pose au niveau de  la consommation de ces  services-là par les entrepreneurs.

Est-ce que les programmes d’appui tiennent  compte des difficultés rencontrées par les jeunes dans les régions?

Malheureusement, les programmes d’appui ne donnent pas de réponses à  tous les problèmes de l’ entrepreneur. D’abord, l’entrepreneuriat est quelque chose de diversifié  parce que ça dépend du  secteur, du  profil de l’entrepreneur, de la région, etc. Donc, on ne peut pas dire qu’il y a une réponse à tous les difficultés et challenges rencontrés par l’entrepreneur.

Mais il lui revient de chercher et d’essayer de trouver le bon acteur et  le bon interlocuteur qui peut l’aider à surmonter des problèmes spécifiques. Par exemple,  pour faire un Business Model, un Business Plan ou pour lever des fonds, les divers  acteurs sont là et savent le faire.  Mais il y a d’autres aspects plus techniques et beaucoup plus spécifiques qui nécessitent un appui d’appoint. L’entrepreneur  devra, dans ce cas-là,  faire plus d’efforts pour trouver le programme d’appui  adéquat qui va l’accompagner et l’aider à trouver les bonnes solutions.

Comment évaluez- vous  l’impact du nouveau statut de l’auto-entrepreneur sur l’évolution de l’entrepreneuriat ? 

La loi est récente. Je pense qu’il est encore tôt pour faire l’évaluation. Je crois que ce qui a été fait est bien. Il y a beaucoup d’initiatives dans la même veine que cette loi, qui ont été,également,  mises  en œuvre. Par exemple,  au niveau de l’université, on parle désormais  du statut étudiant-entrepreneur. Je crois qu’il y a une grande dynamique qui s’est créée. Essayons d’être dans une logique agile, d’améliorer et d’être surtout à l’écoute des entrepreneurs parce qu’en fin de compte c’est eux qui détiennent la vérité, c’est à eux de proposer  les pistes d’amélioration de tous les mécanismes et de tous les statuts.

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