Explosion de joie indescriptible, avant-hier soir, en Tunisie au coup de sifflet final du match ayant opposé les Aigles de Carthage aux Pharaons du Caire. En effet, une formidable liesse populaire s’est emparée de quasiment toutes les régions du pays. Çà et là, se rassemblaient des milliers de citoyens venus exprimer, dans un défoulement total (chants,cris, danse, klaxons..), leur immense bonheur. Au milieu de cette fiesta «à la brésilienne» frisant l’hystérie, 12 millions d’âmes se sont, l’espace de quelques heures, offertes  au sport-roi, ne jurant plus que par sa majesté et leur cœur ne battant que pour lui. Du coup, bye-bye misère. Au diable l’étouffante crise économique, financière et sociale dans laquelle végète le pays. Et tant pis pour la cherté de la vie, l’érosion du pouvoir d’achat, le covid-19 et son nouveau-né Omicron, la grève des stations-service, l’asphyxie de la circulation routière, l’insécurité galopante… Tout, absolument tout ce qui alimente la souffrance quotidienne n’avait plus, au plus fort de ces «émeutes», aucun sens. «Qu’à cela ne tienne», s’écrie l’un des «manifestants», qui évoque «un jour inoubliable, une victoire fantastique». Pour un autre, «On en a marre de la politique et c’est pour nous, Tunisiens de tous bords, l’occasion idoine pour oublier, ne serait-ce que pour quelques moments, nos souffrances et cauchemars de tous les jours».

Autrement dit, demain il fera jour… Oui, le citoyen lambda est ainsi fait chez nous, illustrant parfaitement la vérité qui dit que le football est un phénomène social. En aura-t-on un remake demain au Qatar instantanément après la finale Tunisie-Algérie ?

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