L’objectif du plan est de soutenir les entreprises et les ménages, tout en privilégiant des mesures à impact immédiat sur l’activité.

Au moment où l’épidémie s’est abattue sur le pays, la Tunisie faisait, d’ores et déjà, face à une conjoncture très difficile où l’économie croît faiblement. Les conséquences économiques et sociales sont sans appel. Un tissu industriel menacé, un chômage aggravé et des PME qui rendent leurs derniers souffles. Dans ce contexte, “la mise en place d’un plan de relance qui vise à soutenir les entreprises et les ménages est plus qu’une urgence”, affirme l’économiste Zouhaïr El Kadhi. Le financement de ce plan peut s’adosser à  une approche hétérodoxe qui repose, entre autres, sur la  monétisation de la dette publique et le recours au partenariat public/privé.

Intervenant lors de la séance de présentation de l’étude de Solidar Tunisie “Les nouvelles orientations des politiques de développement post-covid”, qui s’est tenue, jeudi dernier en ligne, l’économiste  Zouhaïr El Kadhi, a préconisé la mise en place d’un plan d’urgence économique. L’objectif du plan est de soutenir les entreprises et les ménages, tout en privilégiant des mesures à impact immédiat sur l’activité. Il  doit comporter trois catégories de mesures. La première  cible la demande globale et concerne les dépenses à effet immédiat sur les ménages et les entreprises. Le deuxième volet  relève du soutien des secteurs sinistrés, dont le tourisme, la culture, le logement et l’exportation, alors que la troisième catégorie de mesures vise un programme spécifique et prometteur d’investissement public sur deux ans.

Des solutions qui sortent des sentiers battus

Évoquant l’impact économique de l’épidémie covid-19, El Kadhi a fait savoir que la crise sanitaire s’est abattue sur le pays, au moment où l’économie croît faiblement (une croissance qui frôle à peine le 1%). “Le covid n’a fait qu’amplifier cette crise économique. Le système sanitaire s’est davantage fragilisé. Les exportations ont baissé de 10% et les importations de 12%”,a-t-il commenté. Il a ajouté que 50% du tissu industriel sont menacés de faillite, tandis que 34% des entreprises du secteur ont, déjà,  fermé définitivement leurs portes. El Kadhi a, en ce sens, affirmé que face à cette situation économique très fragile, la mise en place d’un plan de relance est plus qu’une urgence. L’économiste a expliqué que le financement de ce plan peut s’adosser à  une approche hétérodoxe qui repose, entre autres, sur la  monétisation de la dette publique, la mobilisation de devises auprès de la diaspora tunisienne, l’instauration d’un impôt de solidarité outre le recours au Partenariat Public/Privé. Cette approche nécessite, selon El Kadhi, l’assouplissement additionnel de la politique monétaire, un moratoire fiscal de trois ans et l’activation de  grandes réformes.

Le dialogue national, cadre idéal pour la mise en œuvre d’une approche consensuelle

Evoquant la nécessité de créer un nouveau cadre de développement qui permet une action publique plus efficace, l’économiste a appelé au renforcement  du cadre de programmation et de planification, à travers notamment, l’élaboration d’une vision stratégique « Tunisie 2050 », le renforcement de l’articulation vision/budget, la création d’un conseil national des finances publiques, le développement de la planification opérationnelle et le renforcement de la qualité des prévisions macro-budgétaire. El Kadhi  a, par ailleurs, précisé que le dialogue national est le cadre idéal pour mettre en œuvre un plan de relance de court et moyen terme,  selon une approche consensuelle et non conflictuelle.

Charger plus d'articles
Charger plus par Marwa Saidi
Charger plus dans Economie

Laisser un commentaire