Le nouveau variant Omicron du Sars-Cov2 annoncerait le «début de la fi n» du virus, selon le chercheur tunisien Ahmed Rebaï. En Tunisie, c’est le variant Delta qui domine et les vaccins ont permis de préserver des vies. Ainsi, l’hypothèse d’une moindre virulence du nouveau variant n’est plus à écarter mais elle doit être considé- rée avec grande précaution. Mieux rester prudent, s’accordent à dire la majorité des chercheurs.


Le variant Omicron marquerait-il le début de la fi n du virus ? Même s’il est trop tôt de répondre par l’affirmative à cette question, cette hypothèse n’est pas à écarter pour notre chercheur Ahmed Rebai qui est aussi directeur de laboratoire au Centre de biotechnologie de Sfax où il mène des recherches dans le domaine des biotechnologies de la santé et de la bioinformatique. Avec à son actif plus de 200 articles publiés dans des journaux internationaux. C’est dans le cadre de l’étude «Covid-19 et les facteurs héréditaires influençant la gravité de la contamination» qu’il a déclaré que l’apparition de ce variant «pourrait mar- quer le début de la fi n du Covid-19». Le variant Omicron, signalé pour la première fois à l’OMS en Afrique du Sud le 24 novembre dernier semble moins dangereux, notamment au niveau des symptômes. «C’est peut- être le début de la fi n du virus», a expliqué notre chercheur dans une décla- ration accordée à l’agence TAP. L’étude en question est le fruit d’un travail collectif mené par plusieurs établissements sanitaires et hospitaliers : l’Hôpital militaire de Tunis, le Centre hospitalo- universitaire Habib-Bourguiba et le Centre hospitalo- universitaire Hédi Chaker, ainsi que d’autres virologues et spécialistes.

Une hypothèse rassurante mais

Cette hypothèse même si elle est de nature à rassurer, ne peut dépasser le cadre de la supposition pour le moment. Le projet d’étude de l’équipe de recherche tunisienne a atteint un taux d’avancement de 80% selon la même source. En tout, 34 entités du virus ont été mises à l’étude.

«En Tunisie, c’est le variant Delta qui domine et les vaccins ont permis de préserver des vies», a encore déclaré Dr Ahmed Rebaï. Certes, c’est intelligent d’émettre des hypothèses, mais cela reste à ce niveau pour le moment, à défaut de recul, nous déclare Dr Lamia Kallel. Elle rappelle que les hypothèses avancées par les scientifiques en Angleterre sont inquiétantes. Cela dit, il faut attendre encore quelques semaines pour aboutir à des évidences», conclut-elle. En effet, un troisième record de cas positifs en 3 jours consécutifs a été enregistré avec plus de 93.000 nouveaux cas de Covid-19 recensés en 24 heures au Royaume-Uni.

Une flambée due notamment au variant Omicron engendrant une situation inquiétante à la fi n de cette année dans ce pays et dans d’autres européens. L’hypothèse d’une moindre virulence du variant Omicron du Sars-Cov2 n’est plus à écarter mais elle doit être considérée avec grande précaution. Mieux rester prudent, s’accordent à dire la majorité des chercheurs dans aux quatre coins du monde.

Ce nouveau variant pourrait se transmettre plus facilement, mais il serait moins virulent. Dans certains pays, c’est l’explosion du nombre de cas, mais l’hospitalisation et les cas de décès restent moins nombreux.D’après un grand nombre de chercheurs scientifiques, la prolifération de cette mutation dans certaines régions du monde a coïncidé avec une baisse des taux de mortalité.

Omicron ou la vague des non-vaccinés

Le premier cas du variant Omicron a été signalé en Tunisie le 3 décembre 2021. Le ministre de la Santé avait précisé qu’un jeune homme de 26 ans originaire du Congo arrivant d’Istanbul avait été testé positif au coronavirus.

La méfiance à l’égard des vaccins ne fait que contribuer à la propagation du nou- veau variant, révèle l’OMS. L’organisation rassure qu’il n’y a «aucune raison de douter que les vaccins actuels protègent contre le variant Omicron», et ce contrairement aux rumeurs colportées que ce soit dans notre pays ou ailleurs. De ce fait, certains spécialistes parlent actuellement de «la vague des non-vaccinés». Au total, 89 pays sont touchés par le nouveau variant, annonce l’OMS, samedi 18 décembre, tout en s’interrogeant sur «l’ampleur de la menace causée par ce nouveau variant du coronavirus». Toutefois, une plus grande capacité à échapper à l’immunité contre les vaccins ou aux infections antérieures, ou une combinaison de ces facteurs, sont mises en causes. «Des cas du nouveau coronavirus sont attendus chez les personnes vaccinées, bien que dans une proportion faible et prévisible», ajoute l’ins- tance onusienne de santé.

Au moment où plusieurs laboratoires se sont dits confiants dans leur capacité à mettre au point un vaccin contre Omicron, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde tous les pays lors d’une conférence de presse organisée au début de ce mois en expliquant qu’un faible taux de vaccinations et de dépistages donnerait un « cocktail toxique ».

Il a ajouté que «la fin de la pandémie n’est pas une question de chance, elle est plutôt une question d’acte et de choix».

De nouvelles mesures d’entrée en Tunisie

Le ministère de la Santé avait publié, samedi 27 novembre 2021, un communiqué annonçant de nouvelles mesures pour les voyageurs à destination de la Tunisie.

Omivron

Ainsi, les voyageurs âgés de plus de 18 ans doivent présenter un certificat de vaccination ou un passeport vaccinal. Ceux âgés de plus de six ans doivent présenter un test PCR négatif réalisé 48 heures au plus tard avant l’enregistrement. Tous les voyageurs sont systématiquement soumis à un test PCR à leur arrivée en Tunisie Pour les personnes n’ayant pas achevé leur schéma vaccinal, elles doivent effectuer un confinement obligatoire de dix jours dans des centres aménagés.

Un test PCR doit être réalisé durant les dernières 24 heures. Les voyageurs arrivant en Tunisie pour des soins doivent, en plus, obtenir une autorisation du ministère de la Santé. Au lundi 20 décembre 2021, le nombre total de cas recensés en Tunisie est de 721 031, le nombre de décès est de 25 470. Le taux des personnes vaccinées a atteint 46,1%.

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