A en croire les déclarations médiatiques des experts et des observateurs économiques, la Tunisie n’a pas le choix. Elle doit y mettre le prix pour trouver un accord avec le FMI. Le gouvernement s’est désormais engagé dans un exercice de funambule: comment réussir la mise en œuvre des réformes convenues avec le FMI sans réveiller la colère sociale? En d’autres termes, réussir là où tous les gouvernements, qui se sont succédé après 2011, ont échoué.

Pour Houcine Dimassi, ancien ministre des Finances, la Tunisie doit en appeler au FMI pour éviter le scénario grec. «Si la Tunisie ne parvient pas à conclure un accord avec le FMI,elle  devra faire face, à coup sûr,  au scénario grec”, a -t-il affirmé dans une déclaration à La Presse.  Il a, à cet égard, expliqué que le bouclage du budget 2022 passe impérativement par le financement auprès du FMI. Pour cause? Des ressources propres très  limitées sinon en baisse avec tarissement des sources de financement externe. “L’économie est en berne. L’investissement est en baisse.  Les exportations n’ont pas  retrouvé leur niveau d’avant-crise,  étant donné qu’elles dépendent de  la reprise économique de nos principaux partenaires économiques,  à savoir l’Union européenne et la Libye.  Je pense qu’il n’est plus possible de tergiverser. On a  accusé un grand retard dans la  mise en œuvre des réformes. Si la Tunisie ne trouve pas un accord avec le FMI, elle va devoir faire face au scénario grec”, a-t-il indiqué.

Interrogé sur les répercussions sociales des réformes recommandées par le FMI, Dimassi a affirmé que les mesures convenues avec l’institution de Bretton Woods auront, sans doute, des conséquences sociales et même politiques. Il a précisé, dans ce contexte, que le FMI prend en considération le volet participatif dans l’élaboration et la mise en œuvre des réformes présentées.

En outre, l’ancien ministre des Finances  a souligné que, cette fois-ci, le FMI va serrer la vis et va demander à la Tunisie de montrer patte blanche en exigeant des gages d’application des réformes convenues. “La nouvelle secrétaire générale est catégorique en ce qui concerne les programmes d’aide  et l’octroi des prêts. Elle exige l’application des  réformes recommandées en contrepartie du soutien accordé par le FMI. En l’absence d’un   climat de confiance, il est difficile que le FMI approuve, encore une fois, un programme d’aide au profit de la Tunisie”, a-t-il estimé.

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