Même si l’importance du phosphate n’est plus à démontrer au vu de son impact sur le tissu économique, sans omettre son apport prépondérant dans la balance commerciale et son rôle dévolu dans l’emploi, il n’en demeure pas moins primordial de se pencher sur ses répercussions sur l’environnement. Les activités d’extraction et de transformation représentent une cause de pollution de l’air et de la terre avec toutes les conséquences inéluctables qu’on relève sur la santé et le bien-être du citoyen.

Les ressources hydriques et les activités agricoles paient le prix cher à cause d’une méthodologie d’extraction et de transport qui nécessite une modernisation pour parer aux effets indésirables relevés depuis des décennies.

Le bassin minier, une région du pays qui reste en quête d’une diversification de son tissu développemental, l’agriculture aurait pu constituer l’issue de secours surtout que le secteur minier bat de l’aile, mais le constat est loin d’être reluisant. Et pour cause, le bassin minier ne peut se désenclaver de sa principale richesse, alors que la solution de «recharge» existe bel et bien.

La CPG est pointée du doigt surtout que les efforts et les intentions sont aux abonnés absents pour soigner ses procédés d’extraction et de transport.

Des sites à ciel ouvert dont certains jouxtent les zones communales. Un trust qui dérange…

76% des ressources hydriques sont exploitées par l’industrie

C’est au niveau des ressources hydriques que le bât blesse avec ce tarissement qui a porté un coup de massue à cette renaissance agricole entourée de monts et merveilles.

76% des ressources hydriques sont exploitées dans le secteur industriel avec la part du lion pour la CPG qui s’en sert quotidiennement pour ses activités à Redeyef et Moularès.

Tebedit, une localité vouée pour un essor agricole pour être un eldorado, s’est résignée pour se séparer de ce rêve pieux à cause de cette exploitation irrationnelle de l’eau.

Il y a aussi la région d’El barka du côté de Moularès qui a perdu sa spécificité agricole alors qu’elle compte 6 puits exploités entièrement par la CPG et ses laveries qui est taxé d’un laxisme dans la rénovation et la maintenance préventive de ses usines et de ses outils de production, ce qui fait que ses équipements sont devenues obsolètes.

Une situation qui se dégrade

On ne peut passer sous silence le calvaire des Gafsiens à cause des coupures répétées à longueur d’année. Il y a lieu de rappeler l’apparition (intrigante) du «lac de Moularès» dont l’écho a retenti en dehors de nos frontières et face à laquelle les responsables de la compagnie n’ont pas daigné s’exprimer rejetant toute responsabilité alors que le lac apparaît à chaque fois que —sans aucune présomption— les laveries sont contraintes au repos forcé.

L’autre chapitre de dégâts se situe au niveau du déversement des eaux usées dans la nature, ce qui a affecté l’équilibre écologique sur les surfaces à plantations qui ont observé une limitation au tiers selon le rapport de l’association du bassin minier pour le développement et l’investissement qui mentionne que 8 millions de tonnes de phosphate causent le déversement de 11 millions de m3 d’eaux usées. Mais force est d’admettre que c’est le secteur touristique qui est noirci à cause du ruissellement des eaux polluées.

Le couple CPG-pollution est consommé, et ce trust semble donner l’air d’un élève médiocre qui ne fournit aucun effort pour se racheter. Aujourd’hui, le transport du phosphate par les semi-remorques qui sillonnent les artères d’une ville déjà asphyxiée par un trafic routier asphyxiant ; en raison d’une urbanisation anarchique en direction des usines de Sfax, Gabès et Mdhilla. C’est un danger imminent qui trouble le quotidien des citadins largués par les élus de la ville, taxés d’un mutisme dérangeant.

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