Telle une spirale de mots/maux, « Je suis Cide » de Tarek Sardi happe le spectateur. Son dernier film en date raconte en un temps court les affres d’une époque et les errances d’un individu, entraîné dans des interrogations et dans une recherche de soi effrénée.

« Je suis Cide » est vu, mais il est surtout écouté. Son point fort reste son texte : un monologue d’une douzaine de minutes qui raconte « Cide », le personnage principal du film interprété par Helmi Dridi. A la fois poético-philosophique, ces mots ne font pas que caresser les oreilles, ils résonnent haut et fort afin d’inciter à une réflexion, ou provoquer un changement. « Je suis Cide » oscille entre images d’animation et prises réelles. Il est hybride, riche d’un répertoire verbal soutenu, et possède une approche philosophique. « Cide », trentenaire, erre dans une grande cité, rongé par un mal-être profond, il s’abîmera au fur et à mesure, à la recherche de soi.

Produit par « 3e Genre Production », « Je suis Cide » est le 2e film de Tarek Sardi. Le premier « A tribord, je vomis » a été réalisé en 2019 et projeté lors de la 2e édition Mawjoudin Queer Film Festival. Le réalisateur manie les images et les univers, mais son dada reste l’écriture : les mots pour raconter les problèmes des minorités, disséquer les tabous, aborder les interdits, crier toutes les injustices confondues et relater les conflits universels autrement.

«Je suis Cide » a été présenté lors de la 32e édition des Journées cinématographiques de Carthage. Il est paru en livre, en version numérique initialement et fait office d’un prequel à un long-métrage. L’équipe du film est constituée de Franco-Tunisiens, citons la productrice Kaouther Hadidi, Fakhreddine Amri, Helmi Dridi, Aymen Mbarek, Adonis Romdhane, Ramis Barka … et Mahmoud Turki à la musique. « Je suis Cide » est attendu dans les salles en Tunisie en 2022.

Charger plus d'articles
Charger plus par Haithem Haouel
Charger plus dans Culture

Laisser un commentaire