A deux jours de la première confrontation musclée devant le Mali, on peut espérer et rêver que notre équipe nationale pourra aller au-delà de tous les derniers bobos et casse-têtes pour nous offrir du bonheur. On ne va pas parler tactique, on va insister sur le moral, sur le mental, sur cette santé de groupe. Aussi sur ces vestiaires chauds et pas calmes du tout en coupe arabe. Fini les orages qui ont coûté le départ de Adel Sellimi, Mœz Hassan et Ferjani Sassi ? C’est que leur départ est fort lié, c’est pratiquement la même raison qui les a mis en «conflit» avec Mondher Kebaïer. Ils sont partis, lui est resté face à un groupe frappé par quelques cas de covid. Frappé aussi par l’ambiance que Kebaïer tente d’améliorer petit à petit. Mais dans tout cela et malgré ces inconvenants contretemps des deux dernières semaines, on est sûr que notre équipe nationale reste capable de se rebeller. Elle a un bon groupe qui, collectivement et non individuellement, pose d’énormes problèmes à ses adversaires. C’est un cas type. Nous avons une sélection qui ne nous plaît pas beaucoup, à qui on cherche parfois des détails et des petits défauts, mais qui gêne (effraye) même les mastodontes du football africain. C’est qu’à chaque fois où on dit que l’équipe de Tunisie n’a pas les moyens de rivaliser avec l’Algérie et le Sénégal, on voit qu’au moment du match, ces préjugés, assez fondés, se dissipent vite. Nous, on a ce football de cœur, d’imprévisible, d’éclair qui surgit pour tuer un match. Quand on met ces joueurs ensemble, quand on sait les motiver, le cocktail est vraiment «explosif».

L’équipe de Tunisie n’a peur de personne, elle a peur d’elle-même, de ses égarements sur un match. Pour ses adversaires, c’est un casse-tête de la jouer et de partir dans la peau de favori. Sévères? Oui, nous le sommes avec notre équipe nationale, mais on est également réaliste. On n’aime pas «exagérer» ses qualités, mais en même temps, il ne faut pas la brader parce qu’on n’aime pas son sélectionneur. Le match du Mali va nous donner ce que vaut la sélection en ce début de CAN et si les derniers événements passés ont, oui ou non, altéré une ambiance déjà perturbée. Au-delà de ces schémas tactiques qui ne valent rien au moment où le ballon circule, c’est le cœur et la lucidité qui comptent. On a les joueurs qui savent pratiquer ce football de cœur, et on a ces joueurs qui, tel un magicien, sortent des tours fous qui émerveillent. Il ne faut jamais enterrer l’équipe de Tunisie capable du meilleur comme du pire. Mais qui n’a pas des années-lumière par rapport à ses rivaux. C’est absolument l’idée à bannir des têtes des joueurs. Ayons confiance en eux! Pour le reste, c’est à Kebaïer de bien faire et de trouver la bonne approche. Qu’il oublie pour une fois ceux qui l’attaquent et ceux qui ne l’aiment pas! Ce sera mieux pour tout le monde.

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