La grève-surprise des métros de Tunis ce vendredi 7 janvier a eu de graves conséquences sur l’ensemble des activités économiques, sociales et éducatives. On n’imputera pas, nécessairement, la responsabilité à la Transtu. Mais plutôt à l’application aveugle de la loi.

Il est vrai qu’on ne cesse de nous répéter que la loi est aveugle sans, toutefois, préciser que ça ne doit pas être le cas de son application. En effet, la grève surprise du 7 janvier est survenue après l’arrestation d’un conducteur de métro, suite au décès d’un jeune tombé de la rame lundi dernier.

A vrai dire, il est difficile de mettre en cause ce conducteur pour un tel accident. Sinon, tous les conducteurs refuseraient d’assurer leur service puisqu’ils peuvent, à tout moment, être confrontés aux mêmes risques. De tels accidents sont toujours possibles, vu la fréquence des comportements quotidiens de nombreux jeunes dans les différents moyens de transport.

On en voit, tous les jours, qui s’agrippent aux rames du métro ou qui montent sur le toit des rames de la ligne Tgm, par exemple. Des acrobaties périlleuses sont effectuées très souvent par de jeunes irresponsables. Et comme un accident peut arriver à chaque instant, la conduite devient, donc, compliquée. Les agents de la Transtu font tout pour éviter de telles catastrophes. Mais l’aventurisme exagéré de ces jeunes les dépasse parfois.

Ils ne doivent pas endosser la responsabilité de ce qui peut arriver à ceux qui s’improvisent “cascadeurs”. Les conducteurs font preuve de beaucoup de professionnalisme et assument pleinement leurs fonctions même si c’est très difficile au regard des conditions dans lesquelles ils travaillent.

Le fait d’arrêter « un des leurs », pour une faute qu’il n’a pas commise (du moins de façon directe et volontaire), a de quoi choquer le reste des agents. L’absence d’une stratégie en matière de sécurité ou l’incapacité d’en mettre une en place ne fait que compliquer les choses. De plus, aucun agent n’oserait s’impliquer dans cette tâche car rien ne lui permet d’intervenir et aucune loi ou règlement ne le protège.

De plus, il est très compliqué d’intervenir lorsqu’il s’agit d’enfants et de mineurs, car le respect des droits de l’enfance reste prioritaire aux yeux de la loi.  Si jamais il y a dérapage d’un côté ou de l’autre, ce sont les agents qui risquent de trinquer. C’est la raison pour laquelle tout le monde laisse faire et évite de réagir même devant des scènes dangereuses pouvant menacer l’ensemble des passagers d’un bus ou d’un métro.

Le SG de la fédération des transports a bien précisé que ce mouvement de contestation est la manifestation d’un ras-le-bol des conducteurs dont certains ont eu affaire à la justice dans des cas similaires et en ont payé les frais. Des arrestations et des poursuites judiciaires ont été engagées à leur encontre.

Aussi, ceux qui ont pris la décision d’arrêter le conducteur du métro auraient-ils été plus inspirés en mesurant, en premier, l’impact d’une telle décision aussi légitime puisse-t-elle être.

Quelles que soient les complications de la loi et son application, l’impact a été puissant. Le mécontentement des usagers était général. Et c’était compréhensible. Le fait que ce soit une grève-surprise l’était, également.

En tout cas, ce débrayage avait de quoi perturber la situation dans la capitale. C’est à tous les niveaux qu’on a pu en mesurer les conséquences. Tout d’abord, les usagers étaient pris au dépourvu. Ils ne s’étaient pas préparés à cette éventualité. La recherche d’autres moyens de transport de substitution leur avait coûté cher en temps et en argent. Des problèmes au niveau de leurs emplois étaient constatés. Des rendez-vous médicaux, aussi, étaient ratés.

Quant à l’opérateur de transport, lui-même, les pertes se chiffreraient en plusieurs milliers de dinars sans parler de la reprise chaotique du trafic. Des élèves n’avaient pu rejoindre leurs établissements. Des étudiants ou leurs enseignants n’ont pas pu assurer les examens prévus.

La mobilisation du réseau de bus n’a pas résolu le problème.

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