Un projet d’amendement de la loi électorale relative aux législatives en vue d’intégrer la parité horizontale et verticale serait examiné en plénière. L’objectif étant d’ancrer le leadership féminin dans la sphère politique et permettre l’accès des femmes aux postes de décision

Suite à l’initiative lancée par la députée Houda Slim proposant, avec d’autres parlementaires, un projet d’amendement de la loi électorale en vue d’intégrer l’approche genre, le Syndicat national des conseillers de services publics (Sncsp) a tenu hier à Tunis un atelier visant à sensibiliser les acteurs de la sphère politique à l’importance du leadership féminin. Lors de la séance, des représentants de l’ARP, des membres de la société civile, des administrateurs et des hauts cadres de la fonction publique ont débattu de l’état des lieux de la femme leader ainsi que des difficultés entravant son ascension aux postes de décision politique, et ce, en présence du secrétaire général du gouvernement Riadh Mouakher et la députée Leïla Chattaoui.

Pour que la société avance vers la modernité

«Actuellement, la femme a touché le plafond de verre. C’est à la fois un plafond puisqu’il est considéré comme le seuil de tolérance aux droits «à acquérir», toutefois il est en verre, puisqu’il est possible de le franchir. C’est dire que la femme tunisienne a pu acquérir irréversiblement tout un éventail de droits. Cependant, pour pousser la société vers l’avant, vers la modernité, nous devons travailler sur l’ancrage de la parité dans la sphère politique, étant donné que c’est à ce niveau-là que les grandes politiques sont conçues. C’est, d’ailleurs, l’un des principes en faveur duquel  Bourguiba a plaidé», a expliqué Leïla Chattaoui dans une déclaration à La Presse. Elle a ajouté que malgré l’intégration de la parité horizontale et verticale dans la loi électorale relative aux municipalités, l’égalité des genres en termes de représentativité n’a pas été atteinte. Cela est dû à la non-adoption de cette approche pour les listes indépendantes. «C’est une preuve concrète qu’on ne peut avancer qu’en décrétant des lois en faveur de la femme», assène Chattaoui. Par ailleurs, elle a souligné que la femme tunisienne dispose de tous les atouts pour accéder aux postes de décision, pourtant elle en demeure écartée. «Notre initiative visant à exhorter les députés à voter l’amendement de la loi électorale émanait d’un constat surprenant : la femme est très peu présente aussi bien au parlement qu’à la tête des ministères régaliens, en l’occurrence les ministères de la Défense et de l’Intérieur, mais également dans les diverses structures de décision, les organismes étatiques et les partis politiques. D’où l’importance du projet proposé. Nous visons une réelle et effective participation de la femme à la vie politique», souligne la députée.

La femme peut être un leader !

De son côté, la présidente du Sncsp, Hela Gharbia, a expliqué que même si la Tunisie est considérée comme un pays avant-gardiste en matière de droits de la femme, cette dernière a du pain sur la planche pour pouvoir jouir de ses pleins droits. « Il s’agit principalement de ses droits politiques et économiques. À vrai dire, l’homme a du mal à comprendre les problèmes intrinsèques de la femme. Il considère encore que le militantisme politique de la femme ne pourrait être qu’accessoire dont l’objectif est de drainer les votes des électeurs. Ainsi, la femme doit être présente dans la sphère politique, notamment dans les postes de décision, afin de représenter la moitié de la société — qu’elle constitue — et  défendre les préoccupations de la gent féminine. La femme est bien préparée à cet effet. Elle a pu bénéficier de l’éducation nécessaire lui permettant d’occuper ce genre de postes autant que l’homme », explique la présidente du Sncp dans une déclaration à La Presse. Elle a, par ailleurs, souligné que le triomphe de la Tunisie est tributaire d’une bataille de longue haleine, celle de la femme. «Si nous n’avons pas de politiques qui refusent de perdre sur le court terme en faveur du triomphe de la Tunisie pour le long terme, c’est que la mentalité ne changera pas. Malheureusement, j’ai assisté à des congrès de partis politiques et j’ai constaté que c’est uniquement les hommes qui prennent la parole en public, c’est comme si on était en train de véhiculer le message que la femme ne peut pas être un leader», assène Mme Gharbia.

Il est à rappeler que la parité horizontale et verticale implique une égalité du genre numérique en termes de représentativité tant pour les têtes de listes électorales que pour les candidats.

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