Des personnalités politiques sont aujourd’hui dans le viseur de la justice. Essentiellement ceux qui avaient les mains libres aux premières années post-Révolution. Ça bombarde dur, surtout sur ceux qui sont accusés aujourd’hui d’avoir raflé tout ce qui se présentait sur leur passage du temps de la Troïka. Il s’agit d’affaires qui génèrent autant d’incrimination que d’un mélange d’enjeux politico-financiers.

La «vente contre de l’argent» de l’ancien Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi à la milice des Frères libyens par le gouvernement de la Troïka refait surface et fait aujourd’hui l’actualité. Mabrouk Korchid, l’avocat et député indépendant démissionnaire, affirme qu’il détient toutes les preuves nécessaires contre l’ancien président de la République, Moncef Marzouki, l’ancien chef de gouvernement, Hamadi Jebali, l’ancien ministre de la Justice, Noureddine Bhiri, et le dirigeant nahdhaoui Saïd Ferjani. Ces derniers auraient conclu, selon lui, un deal impliquant l’extradition de l’ancien Premier ministre libyen contre une somme d’argent.

Pour sa part, le quotidien Achourouk indique que le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme a officiellement autorisé l’ouverture d’une enquête contre Rached Ghannouchi, Saïd Ferjani, Rafik Abdessalam et d’autres dirigeants du mouvement islamiste Ennahdha. Elle porte sur des documents faisant état de fonds très importants détenus par ces dirigeants.

Enfin, le porte-parole de la Cour d’appel de Tunis a révélé, lundi 10 janvier, que le procureur de la République près le tribunal de première instance de Tunis a ouvert une enquête sur les circonstances du décès de l’homme d’affaires Jilani Dabboussi. L’enquête a été ouverte pour tentative de meurtre avec préméditation, torture et mauvais traitement conformément aux articles 32, 59, 201, 202, 101 bis et 143 du Code pénal. Elle fait aussi état de violations criantes du pacte international relatif aux droits civils et politiques commises sur la victime qui a été maintenue en détention préventive bien au-delà de la durée légale, fixée à 14 mois, et sans procès, malgré la détérioration de son état de santé.

Le plus marquant dans ces affaires est que beaucoup de suspicions tournent autour de la Troïka. Les accusations sont légion. Il faut dire que le règne de la Troïka constitue l’histoire, non sans tache, d’une véritable interrogation. Une chose est cependant sûre : il y a comme un parfum de décadence pour tous ceux qui s’étaient permis des dépassements en tous genres, même si, pour certains, le risque d’être perçu comme accusé et défaillant ne semble plus secouer leurs consciences.

Comment accorder encore de la crédibilité à tous ceux qui sont visés par la justice ? Avec tout ce qui risque de se greffer davantage sur ces affaires, on voit déjà venir les coups d’arrêt. Bien entendu, leur sort n’est pas encore scellé, mais il tient désormais à peu de chose…

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