«Touristes hors-saison » est le 2e film court de Maher Hasnaoui. Découvert pendant les Journées cinématographiques de Carthage 2021, il a marqué par la portée de son propos. Le jeune réalisateur met en lumière la situation précaire des migrants subsahariens en Tunisie, sujet peu traité par les médias tunisiens et dans le cinéma.


Après « Khalaâ », son premier film, Maher Hasnaoui a suivi le parcours de Hervé, personne migrante vivant en Tunisie. Ce dernier cherche à subvenir à ses besoins en décrochant un travail décent mais se retrouve face à des difficultés d’intégration de taille en Tunisie. Illégalité, travail dans le noir, racisme ordinaire, réticence, hésitation, méfiance… Son parcours, filmé sur des mois, a été relaté dans un film de 30 min. « Touristes hors-saison », crie certes la détresse d’Hervé mais reflète surtout l’existence fragilisée de toute cette communauté marginalisée.   

Maher Hasnaoui raconte le quotidien houleux d’Hervé, migrant subsaharien, qui cherchait à décrocher un travail 7 ans plus tôt. Le réalisateur travaillait dans un restaurant en 2015, lieu dans lequel il a rencontré Hervé. Les problèmes d’intégration d’Hervé ont aussitôt surgi et ressentis par Hasnaoui. A l’aide d’une caméra, Maher commence à filmer cette détresse d’abord personnelle, puis collective.

Le réalisateur a voué un intérêt spécifique à la situation irrégulière que vivent les migrants. Cette difficulté à trouver un travail, à s’intégrer normalement dans la société tunisienne, à vivre dans la peur des autorités, à esquiver les pénalités, souvent lourdes et cette incapacité à régulariser aisément leur situation alarmante. Dans le cas d’Hervé, son incapacité à pouvoir payer ses dettes accumulées le pousse à rester dans l’irrégularité, de peur de se faire épingler par les autorités et rapatrier dans son pays d’origine, raison pour laquelle il est dans le noir depuis 10 ans.

Le réalisateur met en relief, dans son film, cette situation sans « victimiser » Hervé. Il tenait à filmer un combat, les aspects et les valeurs de son personnage principal, mais surtout son évolution, et son affranchissement de cette situation alarmante. Le récit singulier, raconté en 30 min, devait davantage raconter l’existence d’une communauté « invisibilisée. ». « Touristes hors-saison » revient d’ailleurs sur une manifestation d’ampleur qui a eu lieu à Tunis le 23 décembre 2018, suite au meurtre de Falikou Coulibaly, président de l‘Association des Ivoiriens en Tunisie. Fait divers mémorable. Le court-métrage a été retenu en compétition officielle lors des JCC 2021.

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