«On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux»  -Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince –

Toute émotion est une incitation à l’action. Les émotions sont des plans d’actions instantanés pour faire face à des situations, qui nous font évoluer lentement tout au long de notre existence. D’ailleurs, le terme «émotion» se compose du verbe latin «motere», voulant dire «mouvoir», et du préfixe «é», qui indique un mouvement vers l’extérieur, et cette étymologie suggère bien une tendance à agir.

Dans notre répertoire d’émotions, chacune joue un rôle spécifique et exprime, à la fois, un sentiment et des pensées, reflétant des états psychologiques et même biologiques particuliers. Grâce à de nouvelles méthodes qui nous permettent d’observer ce qui se passe à l’intérieur du corps et du cerveau, les chercheurs comprennent chaque fois mieux comment chaque type d’émotion prépare le corps à un type de réaction différente. Certains théoriciens classent les émotions en familles de base :

La colère fait affluer le sang vers les mains, ce qui permet à l’individu de s’emparer plus prestement d’une arme ou de frapper un ennemi, et une sécrétion massive d’hormones comme l’adrénaline libère l’énergie nécessaire à une action vigoureuse.

La peur dirige le sang vers les muscles qui commandent le mouvement du corps, comme, par exemple, les muscles des jambes, ce qui prépare la fuite et fait pâlir le visage. Simultanément, le corps est paralysé, l’espace d’un instant, ce qui laisse peut-être à l’individu un temps de prise de décision sur la nature de sa réaction. Des hormones mettent le corps en état d’alerte générale, prêt à agir, l’attention se fixe sur la menace imminente, attitude idéale pour décider quelle réaction est la plus appropriée.

Le bonheur se caractérise par une augmentation de l’activité du centre cérébral qui inhibe les sentiments négatifs et favorise un accroissement de l’énergie disponible et un ralentissement de l’activité des centres générateurs d’inquiétude. Cet état procure à l’organisme un repos général, l’individu accomplit avec empressement et enthousiasme toutes les tâches qui se présentent à lui et il se donne des buts plus variés.

L’amour, la tendresse et la satisfaction sexuelle provoquent une excitation parasympathique qui est l’inverse, sur le plan physiologique, de la colère ou de la peur. Le réflexe parasympathique, appelé aussi «réponse de relaxation», consiste en un ensemble de réactions corporelles qui engendrent un état général de calme et de contentement propice à la coopération.

Le dégoût signifie une réaction face à quelque chose qui est déplaisant, et, comme l’avait observé Darwin, l’expression faciale reflétant le dégoût se caractérise par un rétrécissement des lèvres tandis que le nez se plisse légèrement, reflétant une tentative pour fermer les narines à une odeur désagréable ou recracher un aliment toxique.

La tristesse nous aide principalement à supporter une perte douloureuse d’un être cher, par exemple, ou une grande déception. Elle provoque une chute d’énergie et un manque d’enthousiasme pour les distractions et les plaisirs de la vie.

De nombreux chercheurs ont prouvé l’universalité des expressions faciales correspondant aux différents états émotionnels, dont Paul Ekman qui a constaté que les expressions faciales d’une émotion particulière sont reconnues partout de la même manière.     

Brahim NABLI

Coach professionnel – Expert en communication

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