Vilipendé et accusé de tous les maux dont souffre l’équipe de Tunisie, Wahbi Khazri a pris sa revanche sur le sort face aux « Mourabitounes », signant deux buts au passage tout en s’impliquant davantage dans le jeu.


Khazri revient donc de loin, de très loin même. Quelques jours auparavant, il était méconnaissable. La faute, peut-être, à un caractère fragile et influençable qui a pris le dessus sur ses qualités techniques et athlétiques indiscutables. Cependant, cela n’explique pas intégralement cette inconstance dans le rendement.

«Intelligence» contre «puissance» : Khazri ne sait pas toujours vers quelle option s’orienter, l’une devenant l’alternative à l’autre et vice-versa selon l’humeur du natif d’Ajaccio. Circonstances aggravantes, quand on y juxtapose cette réputation d’individualiste qui lui colle à la peau et qui a contribué à forger une image publique quelque peu mystérieuse et indéchiffrable, le solitaire du Team Tunisie (le comble pour un capitaine) devient subitement inamical pour les fans et incompatible avec l’ensemble de l’équipe pour les experts de nos plateaux TV. Bref, quand Khazri s’emmêle les pinceaux sur le terrain, on ressort l’éternelle ritournelle  d’une greffe qui n’aurait pas pris, jointe à celle d’un maillon fort qui manque  cependant d’esprit d’équipe.

Posture nombriliste

Alors, Khazri est-il un électron libre par excellence ? Un fait est certain : à le voir cavaler sur le terrain, il semble que ce sanguin conçoit tout d’abord la pratique du football de haut niveau comme un vecteur de plaisir et d’épanouissement personnel, tout en faisant toujours preuve d’un féroce esprit de compétition. Ces derniers jours, c’est comme un air de déjà vu pour un joueur qui se transcende et se métamorphose quand il est égratigné et touché dans son amour-propre.

Outre la copie impeccable rendue face à la Mauritanie, Khazri n’en est pas à sa première résurrection. A Geoffroy Guichard, les inconditionnels des Verts en savent quelque chose à propos d’un joueur qui s’est réinventé après des mois de flottement et d’atermoiement.   Claude Puel, « détracteur attitré » de Khazri, en a pris pour son grade. Et s’il a été éjecté et remplacé manu militari par Pascal Dupraz, c’est parce qu’il n’a pas su se montrer accommodant et indulgent avec un joueur, qui, rappelons-le, a, par la suite, porté l’Asse  à bout de bras.

Voilà pour ce joueur de défi et de challenge, un trentenaire qui doit cependant ajouter des cordes à son arc, du moins avec l’équipe de Tunisie. En clair, si son principal atout est la vitesse: vitesse de démarrage et vitesse de course. Il doit également y  joindre la vitesse de pensée et de prise de décision dans ses dribbles, ses feintes, ses accélérations et ses changements de direction. Il est vrai qu’une fois lancé, Khazri est alors quasiment intraitable.

Cependant, outre cette puissance et cette imposante masse musculaire qui l’ont fait bénéficier d’un nombre important de contres favorables face à des défenseurs déséquilibrés, l’autre  facette, cette posture nombriliste à vouloir y aller seul, n’est pas du goût de tout le monde (puristes et passionnés compris). Et maintenant que la Tunisie a lancé sa CAN, à Khazri de ne pas oublier que le football est un sport collectif, un sport d’équipe.

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