La CAN 2021 n’aura pas connu une «révolution» de l’image télévisée. Le digital, les techniques et la qualité HD sont là, mais ce n’est pas la même qualité de l’image et surtout pas la même qualité de réalisation que lors de la Coupe arabe. La différence est si nette, traduisant un écart de moyens mis et d’expertise aussi. Avons-nous savouré les matches retransmis? Pour l’image, oui plus ou moins avec des réalisateurs qui, parfois, oublient de passer les remplacements et d’indiquer certaines informations clefs sur le match. Mais là où la différence se fait criarde et significative, c’est au niveau du commentaire. Un monde sépare les commentateurs des chaînes étrangères, de ceux arabes. Un même match en CAN  sur le même réseau de chaînes qataries est vécu autrement. Autant c’est calme, sympathique et agréable à suivre avec les duos de commentateurs français, autant c’est un calvaire, une rude épreuve pour les nerfs quand c’est un commentateur arabe. Et disons-le en toute objectivité et ce n’est pas parce que la plupart des commentateurs de la chaîne qatarie soient Tunisiens, qu’on doit les défendre et les vénérer à tout prix. Franchement, ils tapent sur les nerfs des auditeurs et spectateurs par leur style populiste.

Et en leur faisant croire qu’ils sont des «stars» et des compétences inégalables, ils s’éclatent encore plus dans leur hystérie sur l’antenne. Ils ne commentent pas un match, ils le massacrent avec des cris, des images populistes, des expressions lassantes, des clichés qu’ils répètent à tort et à travers. Rien ne les perturbe : aucun temps d’arrêt, pas de souffle pris et ce silence de 5 secondes que les commentateurs européens prennent pour marquer une pause et soulager les téléspectateurs. Autre point saillant et agaçant : ces commentateurs de la chaîne qatarie veulent nous montrer qu’ils sont une encyclopédie de football : des statistiques, des chiffres, des infos, des anecdotes en cascade qui vous sortent du match. C’est comme si c’était une course ou une compétition où chacun nous bombarde avec ce qu’il connaît ou ce qu’il peut ramasser sur le web avant de passer au micro. Et le plus  beau, c’est qu’ils ne commentent pas ce qui se passe dans le match, préférant s’emporter, se déchaîner, passer au mode «hystérique» en pensant que c’est un style et un commentaire à la «sud-américaine». Ce n’est pas vrai, l’ambiance et les cris même  des commentateurs sud-américains  sont quelque chose de beau à voir et vibrant à écouter.  Il y a ceux qui aiment les commentateurs de la chaîne qatarie, c’est une question de goût. Mais il y a aussi d’autres goûts, il y a surtout l’esthétique, le plaisir qu’on prend à écouter la voix et le ton  d’un commentateur. Là on préfère de loin (dommage ) les  commentateurs occidentaux qui vous mettent à l’aise, plutôt que ceux arabes ayant une confusion entre le sensationnel et le cacophonique, entre l’humilité et la prétention sur antenne. N’est pas  commentateur de match qui veut.

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Charger plus par Rafik EL HERGUEM
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