Nos villes sont loin d’être des espaces citadins où il fait bon vivre. En l’absence de planification urbaine bien étudiée, l’anarchie, le désordre et l’absence de goût affectent l’attractivité des villes tunisiennes.

La densification, la mauvaise gestion urbaine et l’improvisation face à une demande pressante y sont pour beaucoup.

La capitale, Tunis, est un cas d’école. Dans son centre-ville, au riche passé, et le long des rues principales, des immeubles surdimensionnés, sans harmonisation et accusant un grand déficit en espaces verts et parcs naturels, la laideur du cadre spatial s’offre aux regards pour décevoir habitants et visiteurs.

L’absence d’harmonie entre les beaux buildings datant de l’époque coloniale et les nouveaux R+ 7, voire + 12 accentuent la laideur. Pis encore, centres culturels, cinémas, théâtre et galeries d’art sont en passe d’être anéantis.

Le même constat s’applique au reste des villes, notamment l’Ariana, La Marsa, Bizerte, Nabeul, Sousse, Kairouan, Sfax, etc.

Basta l’anarchie, basta l’inertie

La croissance urbaine en Tunisie semble être hypothéquée par une gauche mise en œuvre de projets mal pensés et d’un laxisme qui va grandissant.

D’autant que les permis de construire distribués se sont avérés  sans aucune harmonisation préalable. Et plusieurs affairistes ont imposé aux citoyens leurs cahiers des charges, faisant fi des besoins élémentaires de tout espace citadin vivable. En payent le lourd tribut les spécificités locales et régionales et l’équilibre originalité-modernité.

La course effrénée aux étages et aux buildings anarchiques n’a fait que nuire à l’organisation de nos espaces urbains. D’où la nécessité de corriger la trajectoire. Pouvoirs publics, maires et citoyens sont appelés à jouer pleinement leurs rôles.

L’heure du réveil a sonné

L’urbanisme est défini comme étant « la réflexion théorique sur les formes urbaines et l’application pratique de cette réflexion dans l’espace ». La planification urbaine doit être ainsi contrôlée par le pouvoir politique. Or, nos gouvernants ne sont bons qu’à se regarder en chiens de faïence, à nous gratifier par leurs absurdes spectacles quotidiens.

Pour mesurer l’incompétence et le laxisme des gouvernants de la Tunisie nouvelle, il suffit d’observer attentivement les noyaux médiévaux des villes coloniales où l’habitat engendre la rue et la rue appelle l’habitat.

Aujourd’hui que le constat est amer, un partenariat public-privé, un vrai réveil citoyen et une implication réelle des responsables s’annoncent très urgents afin d’améliorer la qualité de l’espace citadin, garantir le bien-être des citoyens et la compétition internationale pour attirer les investissements et les touristes.

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