Le 24 janvier, le monde entier, sous l’égide de l’Unesco, célèbre la Journée internationale de l’éducation.

« L’éducation est un droit humain, un bien public et une responsabilité publique », on ne le dira jamais assez.


Conçue et coordonnée par l’Unesco et le CRI, une alliance mondiale s’est construite, dédiée aux acteurs du secteur de l’éducation et aux communautés d’apprentissage : Learning Planet

Conscient de l’urgence de développer et de mettre en œuvre de nouvelles manières d’enseigner, de faire de la recherche et de mobiliser l’intelligence collective, cette plateforme a pour ambition de contribuer à élaborer un avenir meilleur. Learning Planet met en relation des institutions—gouvernements, organisations, autorités locales — avec des innovateurs de terrain— universités, ONG, entrepreneurs sociaux — pour identifier et développer les solutions d’apprentissage les plus innovantes et efficaces. Du 21 au 26 janvier 2022, sera donc organisé le « Learning Planet festival », au cours duquel 40 pays organiseront des sessions.

La Tunisie a choisi le 26 janvier 2022 pour célébrer cet événement par un colloque.

Un trio de choc pour la session tunisienne

Aux commandes de cette session tunisienne, un trio de choc :

Elyès Felfoul, qui est l’homme par qui tout a commencé. C’est, en effet, durant la dernière session de Wise, dont il est directeur, et qui est partenaire de Learning Planet, que s’est élaboré le projet tunisien.

L’Université Paris-Dauphine Tunis représentée par Amina Zeghal, et Holberton School Tekouin, que dirige Neïla Ben Zina, ont très vite et totalement adhéré au concept.

Sortir du moule classique

Les questions que l’on peut se poser quand on évoque aujourd’hui l’éducation et la remise en question du système classique majoritairement adopté dans le monde sont multiples : ainsi, on peut se demander s’il faut continuer à maintenir des classes homogènes par âge, ou plutôt tenir compte du degré d’avancement des apprenants dans les différentes matières. Pourquoi ne pas mélanger les disciplines pour offrir plus d’ouverture et une culture interdisciplinaire aux jeunes ?

Tant l’Université Paris-Dauphine Tunis que Holberton School Tekouin ont tenté — et réussi une expérience en ce domaine : Campus Culture et Bootcamps qui réunissent, pour des manifestations conjointes, Ihec Carthage, Paris-Dauphine Tunis, Holberton School-Tekouin et l’Ipest.

« Campus Culture nous permet de réunir des étudiants issus du système privé et du système public, de structures d’écoles et de structures d’universités. Cela permet à des gens de background différents et de disciplines diverses d’être ensemble. Cela leur donne une impulsion qui va au-delà de la formation purement technique. Nous voulons sortir des formations classiques. Nous leur insufflons une certaine ouverture : des valeurs de bien-être, de citoyenneté, de parité, nous leur offrons un accès aux arts, aux sports, à la culture. Et nous constatons que cela marche ».

Un exemple tunisien

Lors du sommet Wise, qui agit comme un agitateur d’idées pour la formation et l’éducation, on a pu constater que ce qui se faisait en Tunisie, cette expérience conjointe de quatre institutions publiques et privées, s’insérait parfaitement dans la démarche globale. Et que cela fonctionnait. Ces universités s’enrichissent les unes des autres en sortant des schémas classiques. Cela donne plus d’agilité, de flexibilité, d’efficacité aux étudiants, et c’est cela que recherchent aujourd’hui les employeurs.

Nos organisateurs se sont alors posé la question : comment faire pour que cette expérience puisse servir à d’autres ? Comment partager ces « best practice » ?

Le Planet Learning Festival en était l’occasion idéale. « Il était initialement prévu que l’événement se tienne à Paris en un premier temps. Mais du fait de la pandémie, il a été décidé que 40 pays participants organiseraient des sessions online sur leur territoire au cours de la semaine du 21 au 26 janvier 2022. La Tunisie, qui invite à participer avec elle des intervenants du Sénégal et du Maroc, a choisi pour date le 26 de ce mois

Ce qui doit être fait

Il n’existe pas de thèmes imposés pour cette rencontre. Il s’agit uniquement de définir ou de montrer ce qui doit être fait.

Amina Zeghal, Neïla Benzina et Elyès Felfoul ont ainsi décidé de se concentrer sur le « Learning Eco System », et sur l’aspect « Edtech » de l’enseignement. Et de se poser la question de savoir comment les nouvelles technologies de l’éducation peuvent-elles être intégrées pour faciliter la vie des enseignants et des apprenants. C’est ainsi que l’on parlera du « Pouvoir des partenariats non traditionnels en matière d’éducation » et de «l’intégration des Ed Tech dans l’enseignement ».

Pour cela, on a invité à participer à ce forum des intervenants qui peuvent raconter des expériences concrètes, vécues. Mais on a également impliqué des étudiants à qui l’on demandera de conclure et de résumer ce qu’ils auront retenu.

Ce qu’il faut retenir

« Ce qui est important, c’est de montrer aux décideurs que miser sur l’éducation est aujourd’hui le meilleur investissement. Ce n’est en aucun cas un luxe : miser sur l’éducation est la seule solution pour l’avenir. Il n’y a pas de recette magique. Les pouvoirs publics doivent se saisir de cette idée et se l’approprier. Là est le vrai sujet », explique Elyès Felfoul.

« Les bons exemples ne manquent pas : je ne citerai que deux pays qui ont misé sur l’éducation : Singapour qui, en 10 ans, a obtenu une réussite spectaculaire en cette matière. Et Medelin, en Colombie, qui, après avoir été la ville la plus violente du monde, est devenue la ville la plus innovante du monde dans ce domaine», poursuit-il. C’est d’ailleurs à Medelin que se tiendra le prochain sommet Wise en 2023.

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