Le programme du RightsCon Tunis a couvert de nombreuses questions pressantes et d’actualité dont des sujets cruciaux comme l’intégrité du système électoral et l’érosion des valeurs démocratiques
Après Toronto, l’année dernière, San Francisco, Rio de Janeiro, Manilla ou encore Bruxelles, c’est au tour de Tunis d’accueillir le premier évènement mondial sur les droits humains à l’ère du numérique organisé par « Access Now ». 3000 participants venus du monde entier n’ont cessé d’affluer depuis le 11 juin. L’évènement s’est étalé sur 5 jours au palais des congrès et aux hôtels avoisinants. Il s’agit d’une première en Afrique et au Moyen-Orient.

Ce sommet mondial a démarré sur les chapeaux de roues dans la soirée du 11 juin : Facebook, Amazon, Reddit, Instagram, Microsoft, Google et une quarantaine de leaders du net ont répondu présent au palais des congrès. Le RightsCon, c’est des rencontres, panels, du networking, des workshops, des évènements privés et autres conférences qui ont tourné principalement autour de la sécurité numérique, entre autres, l’émergence des réseaux sociaux, la démocratie à l’ère du numérique, etc. L’évènement, qui reste considérablement payant, attire un grand nombre de participants engagés dans l’activisme à l’échelle mondiale et s’adresse spécialement, dans sa ville hôte, à sa société civile : ONG, activistes, associations diverses qui œuvrent pour les droits humains : ils ont fusionné et sont entrés en contact pendant presque une semaine avec les chefs d’entreprises mondiales, décideurs/politiques, directeurs/trices juridiques,  représentants/es de gouvernements, technologues, universitaires, chercheurs et défenseurs des droits humains. Ensemble, ils ont mobilisé un grand nombre de secteurs afin de créer des partenariats, collaborer, élaborer des stratégies pour mener à de grands changements pour un monde plus libre, ouvert, connecté mais surtout sécurisé. Des problèmes urgents et forcément d’actualité se trouvant à l’intersection des droits humains et de la technologie numérique ont été largement abordés.

Une grande diversité de thèmes

Le programme du RightsCon Tunis a couvert de nombreuses questions pressantes et d’actualité dont des sujets cruciaux comme l’intégrité du système électoral et l’érosion des valeurs démocratiques, l’intelligence artificielle et la responsabilité algorithmique, notre identité en ligne, la biométrie, et les technologies de reconnaissance faciale, la convergence des technologies émergentes,  la protection des données et le contrôle des utilisateurs aux niveaux local, régional et mondial,  la désinformation et l’avenir du journalisme, la perturbation et la discrimination des réseaux, la vie privée, la surveillance et le contrôle social, l’inclusion numérique et l’accessibilité, la technologie comme outil pour les objectifs de développement durable, le renforcement de la sécurité informatique et l’avenir du cryptage, la politique de cybersécurité, ou encore le conflit et les réponses de l’aide humanitaire à l’ère du numérique.

Mme Michelle Bachelet, Haut Commissaire des droits de l’homme, ainsi que 5 rapporteurs spéciaux représentants des Nations unies ont répondu présent. Plusieurs personnes éminentes du gouvernement tunisien et de l’Union européenne sont déjà sur place. Sociétés privées et acteurs de la société civile et mondiale sont massivement représentés.

Pourquoi Tunis ?

Étant un centre de technologie émergente et de démocratie naissante, la Tunisie a été choisie parce qu’elle est toujours perçue  comme un symbole d’espoir dans la région et dans le monde depuis le déclenchement de la révolution de 2011. D’ailleurs, depuis 2014, « Access Now » se situe à Tunis et travaille sur des cadres juridiques basés sur le respect des droits, la sensibilisation du public à travers des campagnes de plaidoyers et offre un soutien technique pour les utilisateurs à risque disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Les événements récents en Tunisie, tels que le décernement du prix Nobel de la paix et l’entrée en vigueur du StartUp Act, situent le pays à l’avant-garde de la région grâce à son engagement dans ces conversations cruciales au sujet des droits humains à l’ère du numérique. RightsCon Tunis est aussi une opportunité pour mettre en valeur la richesse du patrimoine et l’histoire de la Tunisie, ainsi que sa vision de l’avenir où le pays a plusieurs fois affirmé son engagement  à devenir un chef de file dans le domaine de la technologie numérique. 130 pays ont rythmé le RightsCon Tunis depuis son démarrage. Il prendra fin aujourd’hui vendredi 14 juin.

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