• Les langues se sont déliées accusant Nabil Baffoun de n’en faire qu’à sa tête et d’imposer ses décisions

• Certains membres menacent de démissionner, mettant en danger l’organisation même des élections

C’était dans l’air : les réussites engrangées par l’Isie en matière d’inscription sur les listes électorales de plus d’un million quatre cent mille nouveaux électeurs parmi ceux qui voteront en octobre pour la première fois de leur vie ne passeront pas sans susciter de remous au sein de l’Instance des élections.

Pour être plus clair, en parvenant à faire inscrire sur le registre électoral près d’un million et demi de nouvelles voix dont aucun parti, en particulier ceux au pouvoir,  confiants en leur réservoir électoral n’est en  mesure de prétendre qu’elles choisiront ses couleurs lors des prochaines législatives et présidentielle, l’Isie et les membres de son conseil de direction se sont peut-être imposés, bon gré mal gré, comme des partenaires incontournables des résultats de la future opération électorale.

Et les observateurs et analystes de se poser la question, à travers les réseaux sociaux, sur le possible report des législatives d’octobre prochain comme l’exigent certains membres de  l’Isie du fait que l’Instance n’est pas en mesure d’organiser concomitamment les élections législatives et plusieurs élections municipales partielles au sein de différentes villes dont les conseils municipaux ont été officiellement dissous à la suite de la large vague de démissions qui les ont visés.

Et comme les désaccords au sein de l’Isie et parmi les membres de sa direction, notamment à la suite de l’accession de Nabil Baffoun à sa présidence, ne sont plus un secret pour personne, on évoque de plus en plus la possibilité de voir les opposants aux pouvoirs étendus du président de l’Instance démissionner de leurs postes, ce qui créera un vide juridique au sein de l’Isie qui pourrait l’empêcher d’accomplir sa mission relative à l’organisation des élections législatives et la présidentielle de fin 2019 dans les conditions qu’exigent les normes de transparence, et d’intégrité.

Dans la foulée des indiscrétions et des révélations sur les conflits au sein de la direction de l’Isie, les langues comment à se délier pour accuser ouvertement le président de l’Isie de n’en faire qu’à sa tête et de prendre les décisions contrairement à ce que conviennent les autres membres de l’Instance.

Ainsi, l’affaire des deux listes nidaistes aux municipales partielles du Bardo a-t-elle montré que la division règne au sein de la direction de l’Isie pour ce qui est de la position à prendre et que le président aurait «annulé la décision prise au profit de la liste représentant la faction nidaiste dirigée par Sofiène Toubal».

Que faut-il faire maintenant pour éviter au conseil de l’Instance l’implosion à quelques mois de la tenue des législatives et de la présidentielle de fin 2019 ou au moins pour prémunir l’Instance contre la mainmise de certains partis qui cherchent à la mettre sous leur coupe et à influencer ses décisions ?

Plusieurs voix appellent déjà le parlement à intervenir et à organiser un débat ouvert entre les députés et les membres du conseil de la direction de  l’Isie, invités eux aussi à dire tout ce qu’ils ont sur le cœur et toutes les vérités même si elles sont dures à écouter, la finalité étant d’éviter que l’Isie ne soit bloquée et que son action ne soit entachée au cas où trois ou quatre parmi les membres du conseil de sa direction claqueraient la porte à quelques semaines des élections.

A.DERMECH    

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