La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a exprimé sa forte préoccupation quant au retard accusé dans la mobilisation des ressources extérieures nécessaires pour le financement du budget de l’État pour 2022.

À l’issue de sa réunion tenue, mercredi, le Conseil d’Administration « a exhorté toutes les parties prenantes à parvenir à un consensus sur le programme de réformes permettant d’engager des négociations, avec le Fonds Monétaire International (FMI), sur un nouveau programme ».

Le Conseil a souligné dans un communiqué publié, jeudi, l’importance de l’engagement du Gouvernement à mener les réformes structurelles pour booster la croissance économique et assurer une gestion budgétaire saine qui donne accès aux ressources extérieures nécessaires pour le financement du budget de l’État pour 2022 et éviter tout recours au financement monétaire dont les conséquences seraient préjudiciables à la stabilité monétaire et financière.

LA BCT usera de tous les moyens à sa disposition pour contrer toute dérive de l’inflation

Le Conseil fait savoir qu’il reste attentif quant à l’évolution des prix, au cours de la période à venir, et qu’il usera de tous les moyens à sa disposition pour contrer toute dérive de l’inflation.

Le Conseil a noté que conformément aux précédentes prévisions, l’inflation a poursuivi sa tendance haussière en 2021, pour clôturer l’année à 6,6 %, contre 6,4 %, en novembre 2021 et 4,9 %, une année auparavant.

La persistance des pressions inflationnistes a été, également, perceptible au niveau des principaux indicateurs de l’inflation sous-jacente ; à savoir  » l’inflation hors produits alimentaires frais et prix administrés  » et  » l’inflation hors alimentation et énergie  » qui se sont maintenues sur des paliers relativement élevés, de 6,1 % et 6,4 % respectivement, contre 5 % et 5,9 % une année auparavant.

Le Conseil prévoit que la progression des prix à la consommation enregistrée vers la fin de 2021, se poursuivra plus longtemps que ce qui avait été prévu précédemment.

Les pressions inflationnistes au niveau des principales composantes des prix resteraient particulièrement importantes et risquent de porter l’inflation à des niveaux relativement élevés à moyen terme, en relation avec l’envolée des prix internationaux, notamment des produits importés, l’orientation vers la maîtrise des dépenses de subvention ainsi que l’impact engendré par le stress hydrique.

Reprise modérée de l’activité économique

Le Conseil a relevé une reprise relativement modérée de l’activité économique qui évoluerait au voisinage de 2,9 % pour toute l’année 2021, avec des perspectives de reprise timides pour l’année 2022.

Du côté du secteur extérieur, et en dépit du creusement du solde commercial en relation avec la reprise de l’activité, le déficit des opérations courantes s’est établi à 6,3 % du PIB pour toute l’année 2021, contre 6,1 % une année auparavant et ce, grâce à la bonne tenue des revenus de travail qui ont culminé à 8 600 MD.

Par ailleurs, le niveau des réserves de change a fait preuve d’une certaine résilience en s’élevant à 23 313 MD ou 133 jours d’importation au terme de l’année 2021.

L’activité mondiale se redresse

Sur le plan international et après avoir enregistré une récession inédite en 2020, l’activité économique mondiale s’est redressée, au cours de l’année 2021, notamment dans la Zone Euro, principal partenaire commercial de la Tunisie, souligne la BCT.

Cependant et en dépit des avancées réalisées en matière de vaccination dans plusieurs pays, les incertitudes entourant les perspectives de l’activité pour la période à venir se sont accrues en raison, notamment, de la récente recrudescence des cas COVID-19 engendrée par la nouvelle souche du virus Omicron plus contagieuse, a-t-on ajouté.

Du côté des prix à la consommation, le Conseil relève la remontée de l’inflation dans le monde qui devrait revêtir un caractère persistant en perspective, en relation notamment, avec la poursuite des perturbations des chaînes d’approvisionnement et le maintien des prix de l’énergie sur des paliers élevés, en 2022.

À cet effet et après une phase d’expansion budgétaire et monétaire dictée par les retombées d’une crise sanitaire inédite sur l’activité économique, plusieurs banques centrales dans le monde sont entrées, depuis plusieurs mois, dans un cycle de resserrement de politique monétaire via des relèvements des taux directeurs afin de freiner les anticipations de l’inflation et parvenir à ramener son évolution aux taux cibles à moyen terme, explique encore la même source.

Le Conseil d’Administration a examiné les évolutions économiques et financières et a décidé de maintenir le taux directeur de la BCT inchangé à 6,25 %.

La réunion a permis d’examiner les récents développements au niveau de la sphère économique et financière et les perspectives macroéconomiques à moyen terme.

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