On peine à croire que les blocages de nombreux projets viennent de ceux qui se proclament “défenseurs des droits et libertés”  et des  “protecteurs de la nature et de l’environnement”. Et, pourtant, c’est la triste vérité.

Depuis que des individus et des associations et organisations se sont improvisés en tant que tels, nous assistons à une véritable guerre contre le développement du pays sous divers prétextes. Tout, aujourd’hui, est à l’arrêt ou presque. Or, quand on y regarde avec la sérénité nécessaire, on peut, de toute évidence, découvrir le pot aux roses. Derrière chaque position de ce qu’on appelle la “société civile” il n’est pas exclu de trouver des arrière-pensées et des desseins inavoués. On l’a, d’ailleurs, précisé dans un de nos précédents articles dans lequel nous avons évoqué les financements suspects de ces ONG par des parties étrangères alors qu’il s’agit, parfois, d’ONG aux activités, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont louches. Il s’agit du contenu du rapport de la Cour des comptes européenne (CEE) pour l’année 2018. (Voir notre article publié le 9.12.2021).

Droits détournés

Alors, il n’est pas illogique de continuer à penser que l’attitude de nombreux activistes vise surtout à mettre des entraves devant chaque tentative d’améliorer la vie quotidienne du citoyen et le lancement de nouveaux projets de développement.

Même la sécurité des honnêtes gens est bafouée. En effet, on n’hésite pas à défendre délinquants et criminels en leur assurant une couverture juridique des plus fortes. C’est le cas, par exemple, des mineurs qui commettent des actes de vandalisme, voire des crimes. Le prétexte est leur âge. Lorsque des municipalités essaient de protéger des habitants d’un quartier des meutes de chiens errants qui investissent les rues, on crie au “massacre” des animaux. Dans tout cela, on met de côté la sécurité des écoliers qui sont épouvantés tous les matins par ces hordes canines qu’on veut préserver aux dépens des humains.

Mais ce qui est pire, c’est lorsque des organisations entières utilisent des moyens détournés pour défendre on ne sait quels intérêts. De tels droits sont encore un luxe dans de nombreux pays.

De grands projets d’infrastructure sont, actuellement, bloqués pour des “raisons” les unes plus bizarres que les autres. L’actualité nous en livre chaque jour des exemples. Après l’immobilisation du projet d’extraction de phosphate dans la région du Kef (c’est le cas de Sra Ouertane) et la chute de la production dans le bassin minier de la région de Gafsa, on nous parle de la nécessité de jeter à l’eau l’idée de créer l’un des plus grands projets portuaires. A savoir, le port en eaux profondes d’Enfidha. Tandis qu’il y a quelques années, la polémique tournait, uniquement, autour du choix du site de cette infrastructure (dans le Nord de la Tunisie ou à Enfidha), maintenant, on veut tout simplement arrêter le projet parce qu’il s’agirait d’un “gaspillage de l’argent public”.     

On n’oubliera pas non plus les protestations systématiques contre ce qu’on appelle des “atteintes à l’environnement” dans les zones industrielles les plus importantes du pays (Sfax, Gabès…). Certes, on ne pourra pas nier l’impact négatif de certaines activités industrielles sur le système écologique. Mais de là à nier tout droit d’exercer ces activités c’est, tout simplement, insensé.

Une arme de destruction massive ? 

A bien voir tous ces agissements, on peut affirmer que l’utilisation des droits et des libertés n’est qu’un prétexte pour se livrer à un véritable travail de sabotage. Car les droits et les libertés ne sont pas faits pour être utilisés comme une arme de destruction massive. Malheureusement, c’est le ressenti de tout un chacun. Des individus et des groupes s’arrogent, aujourd’hui, le droit de parler au nom des Tunisiens pour imposer leurs vues et leurs programmes (ou plutôt les programmes de leurs commanditaires). Or, nous sommes convaincus que les vrais droits et libertés ne permettent jamais de tout faire et de tout exiger. Il y a toujours des limites à tout. On en fait un peu trop chez nous en matière de droits et libertés. Ces valeurs ont été banalisées et foulées aux pieds. Elles sont évoquées à tout-va, à telle enseigne qu’on a l’impression d’avoir dépassé les pays les plus évolués et les plus démocratiques. Seulement, l’application de ces valeurs est détournée pour réaliser des objectifs obscurs.      

Les plus avertis ne se laisseront pas berner. On le comprend d’autant mieux que les auteurs concernés visent des secteurs vitaux de notre économie et de notre civilisation. On pense aux secteurs du transport avec le blocage indéterminé du réseau ferroviaire rapide pour favoriser le lobby du transport privé (qui peut bénéficier de tous les égards tant qu’il respectera les règles du jeu), avec les arrêts fréquents de la production des phosphates ou d’autres projets d’infrastructure. Là aussi, on peut citer les problèmes fonciers qui sont utilisés comme une arme absolue pour tout freiner, avec des moyens légaux, tout progrès dans les régions. C’est ainsi que de nombreux programmes de raccordement aux réseaux de la Sonede ou de la Steg n’ont pu voir le jour à cause de ces obstacles qui visent à soutirer à l’Etat des dédommagements exorbitants. S’il est vrai que le respect des droits et des libertés demeure une condition sine qua non pour une société moderne, il n’en est pas moins vrai que le détournement de ces valeurs pour assouvir des désirs inavoués ou pour servir des parties étrangères cherchant à saper le pays est une ligne rouge. Les Tunisiens en ont ras-le-bol de cette overdose de droits et libertés utilisée à toutes les sauces. C’est, justement, l’avis de l’écrasante majorité de la population. Selon celle-ci, une telle arme de destruction massive ne doit pas rester entre les mains de gens irresponsables. Comme il y en a trop, aujourd’hui, malheureusement.

Charger plus d'articles
Charger plus par Amor CHRAIET
Charger plus dans à la une

Laisser un commentaire