S’IL y a un mérite à reconnaître à la séance plénière de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) consacrée, jeudi dernier, à l’examen de l’amendement du Code électoral, c’est bien celui d’avoir contribué à dévoiler tous les agendas, d’avoir mis à nu les ambitions personnelles et d’avoir signé la faillite définitive du système partisan mis en œuvre il y a plus de huit ans, dans le sens où les partis ont apporté une nouvelle preuve de leur rupture effective avec le réel politique ou la vie quotidienne des citoyens.

En plus clair, ce qui s’est passé au sein du Parlement comme polémiques, revirement de positions, accusations de mensonges, insultes et outrages qualifiés, le tout couronné par l’échec cuisant de la coalition au pouvoir soutenue par «certains démocrates se disant indépendants» à faire voter l’amendement proposé par le gouvernement montre que rien ne va plus désormais au sein du paysage politique national, que les quelque six ou sept mois que les députés auront encore à passer à l’hémicycle du Bardo seront très chauds et que le mois qui nous sépare encore du dépôt officiel des candidatures à la députation 2019-2024 sera très agité pour plusieurs partis, en particulier ceux au pouvoir, et que plusieurs surprises sont attendues au cours des prochaines semaines, surprises ou nouveautés qui pourraient éclabousser bien des réalités et pousser à la révision, voire à l’annulation de bien des programmes.

Jeudi 13 juin 2019 est une journée particulière, à plus d’un égard, dans le parcours de la jeune expérience démocratique tunisienne, plus particulièrement dans celui de la vie partisane et parlementaire nationale.

Faut-il avoir le courage de le reconnaître et de le crier haut et fort : désormais, il y a un avant et un après-13 juin dans le sens où la mainmise des partis politiques, principalement sur leurs députés, a vécu, que la discipline partisane et l’alignement automatique sur les positions du chef emblématique font partie du passé et que «les députés rebelles ou indociles» qui ont fait parler d’eux ce jeudi inoubliable sont peut-être en train de tracer la voie à leurs collègues qui investiront le palais du Bardo au cours des cinq prochaines années et qui n’en feront qu’à leur tête, convaincus qu’ils n’auront de comptes à rendre à personne.

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