Agir en bons stratèges, c’est, en fait, penser à un tourisme alternatif, censé sortir le secteur des sentiers battus. Une nouvelle filière qui n’est plus à la merci du confort hôtelier, des plages et du soleil. Mais tout juste un service de qualité.

Le tourisme balnéaire avait, depuis les années 60, fait de la Tunisie une destination privilégiée. Une filière qui tient beaucoup au charme des hôtels, parsemés tout au long de nos beaux rivages longs de 1300 km et que les plages et le soleil lui avaient donné vie. Certes, ce secteur a toujours été un créneau porteur, ayant autant rapporté à l’économie et hissé, sans doute, le pays au rang des destinations les plus prisées en matière de voyage et de tourisme.

Au fil du temps, tout a changé, le tourisme aussi. Et ce qui était hier rentable ne l’est plus forcément aujourd’hui. D’où il importe de s‘adapter aux caprices des tendances et des goûts.

Autant dire, il faut changer d’offres et de produits. En tourisme, on ne doit guère cesser d’innover et de chercher d’autres opportunités d’investissement. Surtout qu’on est dans un pays si petit, mais assez riche en potentiel touristique, jusque-là sous-exploité malgré une manne naturelle si pittoresque et généreuse de projets et d’emplois. Agir ainsi en bon stratège, c’est, en fait, penser à un tourisme alternatif, censé sortir le secteur des sentiers battus. Une nouvelle filière qui n’est plus à la merci du confort hôtelier, des plages et du soleil. Mais, tout juste un service de qualité.

Gites ruraux, nouvelle destination

Tourisme alternatif, ça se paie aussi. Pour faire plaisir à ses clients, il faut s’offrir les moyens de la réussite. Et là, l’appui de l’Etat semble aussi de mise. Déjà, il y a eu une initiative à saluer : à Tataouine, au sud de la Tunisie, le ministre du Tourisme, Mohamed Moez Belhassine, avait inauguré, dimanche dernier, une résidence rurale dans la région de Tounket. Un tel geste vient aussi confirmer cette tendance au tourisme alternatif comme secteur à double vocation : protéger l’environnement et viser le développement durable.

De quoi, somme toute, se distinguer par le label écotourisme. Voire un choix relativement dicté par les aléas du climat. Car, à force de produire propre, notre économie résiste mieux aux changements climatiques. De même, le tourisme classique semble de plus en plus reculer. Aussi, pourrait-il fidéliser encore sa clientèle ?

Le rôle de l’Etat

Toutefois, ce tourisme alternatif aura-t-il sa place sur les marchés extérieurs ? Et ces résidences rurales, appelées aussi gites ruraux, seraient-elles, vraiment, de nouveaux endroits prisés? Ont-elles les moyens de leur ambition ? Le ministre du Tourisme avait rassuré sur l’accompagnement de pareils projets d’investissement, notamment au niveau de la promotion.

Car, promouvoir nécessite de l’argent. Cela dit, les banques devraient mettre à profit leurs mécanismes de financement. Reste à savoir si ces promoteurs pouvaient s’engager pleinement dans pareils projets ? L’Etat, de son côté, est appelé à faire de son mieux pour aider à diversifier le produit touristique. Il y a, déjà, pas mal de choix : tourisme saharien, agricole, de santé, des congrès, culturel et sportif. Quant au tourisme balnéaire, faut-il engager un chantier de réforme pour revenir en force?

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