Le «soulèvement» des habitants de la ville de Rejiche à Mahdia était bel et bien prévisible. A l’origine du courroux des citoyens, un projet d’installation de canaux d’évacuation d’eaux usées lancé en novembre 2018 susceptible de polluer la mer et de nuire aussi bien aux baigneurs qu’aux pêcheurs.

L’anathème est très vite jeté sur l’Office national de l’assainissement (Onas) et ses responsables sont pointés du doigt, dont notamment le directeur régional de l’assainissement à Mahdia, Noureddine Haj Ali,  qui fut admonesté par certains habitants mercredi dernier au moment où une équipe  technique s’apprêtait à relever des échantillons  d’eau de mer pour les besoins de l’analyse suite aux plaintes des habitants quant à une possible pollution de l’eau causée par le déversement des eaux usées.

Contacté à cet effet, le chef du département centre de l’Onas à Sousse, Kamel Jellali, nous a informés que suite à la réunion tenue avant-hier, jeudi,  à laquelle ont pris part le PDG de l’Office national  d’assainissement, des acteurs de la société civile et de la municipalité de la place ainsi  que des députés de la région, un accord sur 13 points a été conclu stipulant l’arrêt définitif de l’ancienne station d’assainissement et l’élaboration d’une étude technique permettant la mise en place d’une nouvelle station d’ici 2021 ou 2022.

Ceci n’empêche que les analyses sont toujours en cours en coordination avec l’Institut national des sciences et technologies de la mer (Instim) en vue de déterminer les causes réelles de la pollution de la  mer de Rejiche. Plus de déversement donc des eaux usées sous la pression de plusieurs acteurs de la société civile et des habitants, souligne notre interlocuteur.

Le responsable de l’Onas a néanmoins fait remarquer que le drainage des eaux usées se fait à 900 mètres des côtes et qu’en général, le ministère de la Santé publie annuellement  la  liste de plages qui sont impropres à la baignade dans le cadre du programme de contrôle de l’hygiène des eaux de mer pour prévenir les dangers sur la santé liés aux eaux polluées.

Les opérations de maintenance de la station en question seront toujours assurées par les services de l’Onas, notamment sur le plan du traitement des odeurs et ce en coopérations avec les services de la commune de la place. En plus, l’Agence nationale de la protection de l’environnement (Anpe) a aussi été appelée à fixer la liste des unités industrielles déversant leurs eaux usées dans les réseaux de drainage, a conclu Kamel Jellali.

Des dizaines de citoyens de cette commune soutenus par des acteurs de la société civile avaient protesté en début de semaine contre la pollution de la mer à Rejiche, nécessitant l’intervention des forces de l’ordre.

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