Depuis un bon moment, on ne cesse de parler de dématérialisation du dossier patient, alors que sur le terrain, c’est le papier qui demeure le principal et unique  vecteur d’information dans nos établissements hospitaliers.

Le constat n’est pas nouveau, mais récurrent : dans nos hôpitaux, on constate toujours l’absence de structures dédiées aux archives, outre la perte répétitive et momentanée, complète ou partielle de documents. Par ailleurs, depuis des années, l’état des archives dans nos hôpitaux pose un vrai problème et sa gestion représente un vrai casse-tête pour le personnel. Mais malgré cette situation, le ministère de la Santé n’a pas encore réussi à informatiser les hôpitaux et on entend encore parler de ‘’dossiers perdus’’. Un tel choix ne peut qu’étonner, mais cela demeure la réalité de la vie hospitalière dans notre pays.

Les hôpitaux, une calamité écologique

En effet, depuis quelques jours, une photo fait le tour des réseaux sociaux montrant des archives médicales créant une masse importante de papiers dans un hôpital de la capitale. Abordant le sujet d’un autre angle, Dr Kaisser Sassi a précisé qu’entre dossiers, demandes de bilans et d’examens radiologiques, lettres de transfert…, un interne en médecine utilise environ une vingtaine de feuilles A4 par jour, soit environ 5.000 feuilles en une année. De ce fait, une promotion en médecine, qui comprend plus de 400 étudiants, va utiliser en moyenne 2.000.000 de feuilles en une année. De l’autre côté, un arbre de taille moyenne produit environ entré 10.000 et 20.000 feuilles A 4. Et donc, on a abattu entre 106 et 206 arbres en une année. Et ce même arbre produit 15 à 30 kg d’oxygène en surplus (non réabsorbé) chaque année. Et donc, on a créé un déficit de 1.600 à 6.200 kg d’oxygène en une année, un chiffre équivalent à la consommation en oxygène annuelle d’une vingtaine de personnes. Certes, ce sont des chiffres qui inquiètent et ces exemples ne représentent que la partie émergée de l’iceberg, étant donné que les internes ne constituent qu’une partie du personnel d’un hôpital, qui comprend d’habitude un accueil qui imprime les billets d’admissions (une centaine par jour au moins), plusieurs laboratoires qui impriment des bilans biologiques sans arrêt, des services qui impriment lesdits bilans (déjà imprimés au laboratoire) et les mettent dans des dossiers en papier, mis dans des enveloppes en papier kraft, un service de radiologie qui imprime les clichés…

Ainsi, on peut certainement regretter ce choix au vu des problèmes d’espace, de sécurité ou d’accessibilité. Mais la réalité est tout autre car, en 2022, nos hôpitaux et notre ministère ignorent toujours l’impact écologique de ces conditions de travail et on refuse d’admettre que la digitalisation de nos hôpitaux rendra service aux hôpitaux et aux patients, qui veulent prendre leurs dossiers parce qu’on les perd dans les archives infestées de rats.

A bon entendeur…

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