Si l’édifice étoilé vacille mais ne veut pas s’effondrer, il faudra un sursaut face à l’EST et un coaching sans erreur préalable de casting. Ce n’est pas une mince affaire et Lemerre n’a plus droit à l’erreur.

L’Etoile Sportive du Sahel n’est pas au fond du trou, mais elle est tout de même embourbée dans une situation sportive préoccupante, à des années-lumière de ses années fastes où le club phare du Sahel raflait tout sur son passage. Est-ce cyclique ? Ou est-ce la conséquence de choix sportifs hasardeux et même expéditifs tantôt ? Une chose est sûre, la crise couve depuis quelque temps déjà à l’ESS, et aujourd’hui, plus qu’en toutes autres circonstances, les Etoilés semblent méconnaissables, que ce soit en Ligue 1 ou en C1. Une qualité de jeu rudimentaire, un effectif trop limité pour jouer le haut du tableau, un mercato étoilé animé par des seconds couteaux, un entraîneur encore à la recherche d’une ossature qui tienne la route, l’ESS fait fausse route jusque-là.  Et le rendement d’ensemble de ces derniers temps semble parfaitement représenter ce chemin de croix emprunté par l’équipe de Roger Lemerre, un Onze actuellement lancé et embarqué dans dix jours intenses avec une double confrontation face à l’EST en C1 et un match face au CA en championnat. Il va donc falloir se ressaisir, à commencer par sortir tout d’abord le grand jeu face à l’Espérance, dès ce week-end en phase de groupe de la Ligue des champions. Demain donc, les Etoilés seront redevables d’un coup d’éclat. Esquisser du moins un début de révolte, ne serait-ce que par orgueil et fierté, voilà ce qui est demandé pour le groupe étoilé. Un groupe qui doit laisser entrevoir quelques signes d’espoir apparent et sortir de l’ombre. Demain, il sera aussi question de réagir au plus vite afin de colmater les «trous béants», responsables du dysfonctionnement général au sein de l’Etoile. Aujourd’hui à l’Etoile, si le choix de renouveler le groupe de joueurs en passant par la jeunesse, tout en recrutant de jeunes joueurs (avec un potentiel à développer), est assumé par les dirigeants, cet assortiment de joueurs traduit en l’état l’inexpérience d’un groupe d’aspirants qui ne manque pourtant pas de talent, mais de vécu sur les pelouses de football, à l’exception peut-être des Coulibaly, Msakni, Ben Ayada, Bâayou et autre Balbouli. Et cela se traduit par une naïveté observée match après match, que ce soit dans les placements, les sautes de concentration ou bien l’incapacité à faire la différence dans les rencontres serrées.

L’important ce n’est pas la chute…

Un grand club de la trempe de l’Etoile ne peut plus se permettre d’enchaîner les déconvenues. Un cador de ce calibre ne doit plus peiner pour trouver une cohérence dans le jeu. Et pourtant, depuis quelque temps, à l’exception du Grâal arabe de 2019, un titre aux allures de parenthèse enchantée, c’est le néant. Et il va falloir se retrousser les manches désormais pour renouer à terme avec la gloire, à commencer par retrouver cette verve offensive et cette activité débordante basée sur la possession. Lemerre a du pain sur la planche, mais le temps presse et l’équipe ne peut d’ailleurs pas se permettre de cogiter demain face à l’EST. Le résultat avant la manière donc face à l’Espérance en C1 ? Certes, tout autre résultat qu’une défaite serait bon à prendre mais ce serait mieux aussi que le plateau technique impose un style de jeu visible sur la durée, et n’enchaîne plus les compositions, au mieux surprenantes, au pire alambiquées (tout en se passant de joueurs qui mériteraient plus d’attention !). Aujourd’hui d’ailleurs, même l’aura dont jouissait Lemerre depuis son intronisation semble se fissurer. Forcément, quand l’Etoile cale, le président étoilé se retrouve sous le feu nourri des critiques. Evidemment, quand l’Etoile figure dans la catégorie des poids légers de la Ligue 1, bien loin de sa place naturelle, un déluge de reproches s’abat sur les tenants et aboutissants de ce cador du football tunisien.

Aujourd’hui, si l’édifice étoilé vacille, et s’il ne veut pas s’effondrer, il faudra un sursaut face à l’EST et un coaching sans erreur préalable de casting ! Ce n’est pas une mince affaire et Lemerre n’a plus droit à l’erreur.

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