« Soyez vigilants face aux risques d’interventions sécuritaires et humanitaires, donnez le meilleur de vous-mêmes avec discipline et professionnalisme et faites hisser plus haut l’image de l’armée et de la Tunisie dans pareilles missions de l’ONU… », ce sont, en substance, les maîtres-mots que le ministre de la Défense nationale, M. Abdelkrim Zbidi, a adressés aux troupes de l’armée de l’air, actuellement en mission de maintien de la paix au Mali, sous les auspices des Nations unies.

Ce message-clé est fort significatif pour deux raisons. Parce que, a priori, l’adhésion, cette fois-ci, de l’unité aéroportuaire tunisienne aux efforts des Casques bleus, dans le cadre de la Minusma (mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), est une première qu’il faut mener à bien pour en tirer le meilleur parti. Secundo, il est question de tenir bon, à même de réussir cette nouvelle participation, reconnue comme une valeur ajoutée à l’expérience de l’Armée nationale qui, aujourd’hui, a à son actif un demi-siècle de services rendus. Cela dit, comme l’avait, à maintes reprises, souligné le ministre de la Défense nationale, la présence de la mission tunisienne, accomplie aux côtés de 43 pays européens et africains, est en soi une source de fierté et d’honneur pour nos compétences en matière de gestion de crise sécuritaire, de résolution des conflits armés, de lutte anti-terrorisme et de combat pour la paix dans le monde.

Les 120 jours qui font nos exploits !

L’on doit dire qu’un tel déploiement sous la bannière de l’ONU n’est guère une partie de plaisir. Il s’agit plutôt d’un engagement moral et professionnel, voire un gage de confiance à l’école militaire et sa capacité à former une armée de tous les défis. Et M. Zbidi d’enfoncer le clou, lors d’une cérémonie de salut du drapeau au camp de l’unité du transport aérien à Sénou, à Bamako, déclarant à ses troupes, debout en tenue de combat sous un soleil de plomb, que leur mission est en fait un appel au devoir humanitaire. Projection à l’appui, l’unité aéroportuaire tunisienne semble faire un carton plein. En termes de renseignements et de sécurité, nos soldats agissent en connaissance de cause, en double coordination d’actions et d’interventions avec la partie malienne d’une part et celle onusienne, de l’autre. L’avion «Hercule C 130», pièce maîtresse d’un dispositif à la fois défensif et préventif, plane dans le ciel de Bamako. A peine 120 jours depuis son déploiement au Mali, l’unité en question semble avoir fait autant d’exploits : 200 missions dans l’air, plus de 286 heures de vol et près de 4.000 personnes transportées.

L’écho est favorable

Et la prestation de nos forces armées de l’air d’aller même jusqu’à devancer celle des autres troupes multinationales opérationnelles à Bamako, depuis bien longtemps! En si peu de temps, leurs contributions ont été particulièrement appréciées. Sortie d’un briefing d’évaluation de haut niveau, Mme Mbaranga Gasarabwe, représentante spéciale adjointe du SG des Nations unies au Mali, n’a pas tari d’éloges pour l’expertise et les réalisations de nos troupes. «Dans ce milieu si hostile et assez difficile, l’Armée tunisienne a fait preuve de courage, d’adaptation et de bonne tenue.. », ainsi témoigne-t-elle souhaitant, à ce niveau, profiter des échanges et de partage d’expérience dans le domaine. Et de conclure, en ces termes : « Pour nous, la mission tunisienne est extrêmement importante ». D’ailleurs, son collègue M. Jean-Pierre Lacroix, chef des Opérations de maintien de la paix à l’ONU, s’est dit reconnaissant pour les services et les contributions des Casques bleus tunisiens. « La Tunisie est restée, depuis plus de 50 ans, un partenaire résolu des Nations unies en la matière », a-t-il encore déclaré. Ce baptême de l’air à Bamako, sous un commandement tunisien, a, donc, été cité en exemple. L’histoire le retiendra, certainement !

Qu’en ont dit certains de nos élus ? Membre de la délégation accompagnant le ministre de la Défense nationale au camp tunisien à Sénou, sous la bannière de l’ONU : M. Abdellatif Mekki, du bloc parlementaire nahdhaoui, y est venu en sa qualité de président de la commission de sécurité et de défense à l’ARP. Donc, un rôle de contrôle. Mais, M. Mekki nous a indiqué que sa visite était de soutien politique et moral. « De par les exploits qu’ont accomplis nos soldats au bout d’une période pas si longue, on ne peut que les remercier », admet-il, faisant également remarquer qu’il y a aussi tant d’opportunités de coopération entre la Tunisie et le Mali. Députée nidaiste, Mme Asma Abou El Hana nous a, elle aussi, livré ses impressions. Présidente de la commission législative de l’organisation de l’administration et des forces armées au sein de l’ARP, elle s’est dite fière de voir cette mission faire honneur à la Tunisie. « Bref, c’est une mission parfaitement réussie », estime-t-elle, en conclusion, avant de promettre de faire de son mieux pour proposer que les budgets des forces armées soient revus à la hausse. Et pourquoi pas, du moment que ladite mission nous a rapporté beaucoup d’argent, soit près de 5 millions de dinars.

Par notre envoyé spécial à Bamako, Kamel FERCHICHI

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