Pourquoi la Cnam se place-t-elle en tête de peloton des «boîtes» grévistes ? Eh bien, parce que, à travers la maladie et les souffrances, on a le maximum de chances d’exercer les pressions les plus intenses

Les agents de la Cnam ont débrayé une dizaine de jours. La Cnss, la Cnrps et le Centre de recherche et d’études sur la sécurité sociale (Cress), aussi. Pour la bonne raison que ces quatre organismes sont régis par le même statut. Selon nos sources, le mouvement aurait atteint à la Cnam un taux de réussite ayant dépassé les 90%… Tandis que pour le reste des institutions, ledit taux n’aurait pas dépassé le seuil de 15%. Pour sa part, le «taux de déstabilisation» des assurés aurait été tout près de 100% ! Mille fois hélas !

Mordre la main qui fait mal

Maintenant, pourquoi la Cnam se place-t-elle en tête du peloton des «boîtes» grévistes ? Eh bien parce que, à travers la maladie et les souffrances, on a le maximum de chances d’exercer les pressions les plus intenses !

Les grévistes ont  ainsi pu mordre tout ce beau monde (administration et administrés concernés) par la main qui fait mal !

C’est dire combien l’être humain devient inhumain, dès lors qu’il s’agit d’avantages personnels. Et le désintérêt est quasi total face à son propre intérêt.

Le coup de pied dans la fourmilière !

Que de pleurs et de grincement de dents auraient été à l’origine de cette grève sans pitié et  de ce violent coup de pied dans la fourmilière. Partout dans le monde qui se respecte, le droit à la vie et à la survie prend immanquablement le dessus sur le droit de grève, quelles que soient la nature et la légitimité des revendications clamées.

La course derrière la survie…

Les dindons de la farce sont, évidemment, les assurés gravement atteints de très lourdes maladies exigeant des soins à la fois intensifs et onéreux, telles que le cancer, avec son cortège de cures de chimiothérapie, les affections cardio-vasculaires, l’insuffisance rénale, nécessitant des séances ponctuelles de dialyse, etc…

Pour atténuer leurs terribles souffrances et survivre à leurs maux, la plupart des intéressés doivent se procurer auprès des centres et de la Cnam, des accords préalables et des décisions de prise en charge. Pour les médicaments spécifiques, les assurés concernés ont à se rabattre sur l’une des trois polycliniques de la République (Tunis El Omrane, Sousse et Sfax), pour mettre la main et le pouce sur les médicaments dont dépend leur salut. Sans avoir forcément la chance de dire «salut aux personnels es-qualité».

Et la règle du jeu ?

Il est vrai que la Cnam s’est « tuée » pour assurer les services vitaux, ne serait-ce qu’à travers les chefs de centre et une poignée de cadres dans plus d’une région. Mais il est non moins vrai que, dans plus d’une région, des ennemis de la vie ont barré le chemin à ceux qui couraient derrière la survie. Cela en sommant sous la menace les portiers et les maîtres de plusieurs centres et polycliniques de fermer hermétiquement les portes au nez de ces bonnes âmes en détresse!.

Le hic, c’est que ce sacro-saint droit constitutionnel a été exercé dans des conditions pour le moins singulières. Puisque, côté caisses de sécurité sociale, l’on s’accorde à affirmer qu’aucun préavis réglementaire ne leur a été signifié (15 jours à l’avance).

Cela dit, quoique la forme ne conduit nullement à la négligence du fond, en l’occurrence la légitimité des revendications formulées, il demeure évident et incontestable que chaque jeu a ses règles à respecter. Autrement, bonjour la gabegie !

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