Deux spectacles chorégraphiques successifs ont eu lieu dans différents espaces culturels de Tunis avant de céder la scène de la « Salle de l’Opéra – Cité de la culture » à la cérémonie d’ouverture et à son spectacle français attendu « Queen Blood » d’Ousmane Sy et « All 4 house » avec Paradox-sal .

Technologic !
Mais avant, les festivaliers ont eu droit à deux avant-goûts, à commencer par L’«Apple Power » inaudible d’Oumaïma Manaï à partir de 17h00 au 4e Art. Premier spectacle de cette 2e édition lancée en présence de sa directrice Meriem Guallouz, «Apple Power » est comme un « Black Mirror » chorégraphique et dansant où 4 danseurs hommes s’expriment sur l’influence des nouvelles technologies, sur les rapports humains au quotidien et la place que prennent ses engins. La robotisation va de pair avec la « déshumanisation des êtres et « des relations humaines » : elle diminue l’esprit critique, créatif, nourrit le fantasmagorique, enlaidit l’authentique et le réel, gâche l’imaginaire et alimente différents comportements obsessionnels compulsifs. La technologie permet aux êtres de fuir un présent et une réalité insupportables. Mais jusqu’à quand ? Obscurité, mouvements dansants et scéniques peu visibles au départ, un jeu de lumières insaisissable, des silhouettes qui s’immiscent sur scène jusqu’à s’imposer et parviennent enfin, tant bien que mal, sur 1 heure à transmettre le message. Parlez de danse, c’est peu dire, quand on choisit de raconter avec le corps et les mouvements.

Danse engagée 
19h00, direction la Cité de la culture pour découvrir la création de l’Egyptien Mohamed Fouad et son « Without Damage » à la salle des Créateurs. C’est parti pour 50 mn de chorégraphie : une danse qui questionne et se transforme en crescendo. Cette performance dansante en solo met en exergue le rôle de l’artiste et l’impact qu’il doit avoir : des messages émotionnels, intimistes, personnels, engagés, aux shows adressés au public : ceux qui répondent pile-poil aux attentes de spectateurs avides de sensationnel, de consommation, de produit ou pire de marchandise. La dernière création de Mohamed Fouad épouse parfaitement la thématique de cette édition qui a pour pilier « le corps dans tous ses états ». Une escale réfléchie avant le coup d’envoi de la cérémonie d’ouverture.

Energisant !
Présentée par Habib Trabelsi et Meriem Guallouz, et en présence du ministre des Affaires culturelles et d’un parterre d’acteurs culturels, « Queen Blood » d’Ousmane Sy n’a pas tardé à hypnotiser pendant 1 heure la salle. Pas moins de 8 chorégraphes femmes, plus connues sous l’appellation Paradox-sal se sont magistralement emparées de la scène de l’Opéra pendant 1 heures. Dans cette œuvre énergique et énergisante, l’exploration des gestes féminins et l’étalage des énergies féminines se sont faits en toute subtilité, tout en bousculant les codes : qu’est-ce que la féminité affirmée, assumée ou subie à travers la danse ? Le spectacle raconte les parcours singuliers de chacune des chorégraphes : l’immersion dans leur passé fut brutale mais nécessaire pour mieux appréhender le présent et l’avenir.
Un excellent choix artistique pour bien démarrer cette 2e édition qui a pour thème engagé « Pas de danse sans dignité du corps ».

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